J’en finis aujourd’hui avec les toponymes liés au feu (chap. I, chap. II, chap. III et chap. IV), avec des formations plus rares qui, là aussi, peuvent désigner des incendies volontaires pour la mise en culture, accidentels ou criminels mais qui peuvent également désigner de manière métaphorique des terres chauffées par le soleil ou particulièrement arides.
Flambé
Le verbe « flamber » est dérivé (XIIè sècle) de flambe, « feu clair » (mot employé jusqu’au XVIIè siècle), forme dissimilée de flamble, « flamme », issue du latin flammula, diminutif de flamma, « flamme ». « Flamber » a remplacé l’ancien verbe flammer (XIIIè siècle) qui venait du latin flammare.
Les toponymes issus directement de ce verbe sont très peu nombreux. On trouve un Mont Flambé à Crouay (Calv.), absent de la carte d’état-major mais présent dans une mise en vente en 1840, dont je n’ai pas pu trouver l’histoire et un Hameau ès Flambes à La Hague et à Vasteville (Manche) dont l’origine du nom m’échappe là aussi. On trouve quelques dérivés qui peuvent être rattachés à ce sens de « brûler » comme la Flamberie à Theurtéville-Bocage (Manche), déjà présente sur la carte de Cassini (f. 93, La Hougue, 1758) et qui était sans doute un atelier de forgeron (la manufacture Royale de Bains-les-Bians, dans les Vosges, où on travaillait le fer-blanc était aussi appelée la Flamberie). Le nom des Flambertins d’Orgeval et des Flambertins de Crespières (Yv.) comme celui de la Forêt des Flambertins, se rattache probablement à « flamber » pour désigner de terrains défrichés par le feu (mais un nom d’homme germanique du type Frambert, « vaillant-illustre », est aussi possible). Sur ce même verbe ont été formés divers patronymes comme Flambard, Flamin ou encore Flamion, à l’origine à leur tour de quelques toponymes.
On trouve enfin une Roque Flamme à Caunettes-en-Val (Aude – un rocher rouge ?), un lieu-dit Les Flammes et un Bois des Flammes à Xertigny (Vosges), un Mas des Flammes à Arles (B.-du-R.), un Vallon des Flammes au Val (Var) au pied du Cuit (639 m.) dont les noms montrent que les incendies n’y sont pas rares et enfin des Flammes de Pierres à Sentein (Ariège), qui sont des arêtes escarpées faisant penser à des flammes, à rapprocher de l’Arête des Flammes de Pierre à Chamonix (H.-Sav.).
Grillé
Le latin classique craticula, « petit gril », diminutif de cratis, « claie, grille », a donné l’ancien français gradille (fin du Xè siècle), graille (vers 1200) et greille (1372), désignant à l’origine un assemblage de barreaux entrecroisés utilisé pour l’exposition au feu (comme supplice dès le Xè siècle). Ce sens sera abandonné au profit du masculin « gril » (1393) tandis que le féminin « grille » désignera, par analogie de forme, la clôture formée de barreaux. C’est à partir du premier sens qu’a été formé le verbe « griller », d’abord « supplicier par le feu » (vers 1155) puis « brûler, détruire par le feu » (1180) et enfin « rôtir, cuire sur un gril » (1200). Le sens d’« entourer d’une grille » est apparu plus tard, à la fin du XVè siècle.
Il est très difficile ici de faire la distinction entre ce qui est clôturé par une grille et ce qui est brûlé. Et si on ajoute tous les lieux habités par des grillons (ancien français gril, greil … du latin grillus), les choses deviennent très difficiles à appréhender sauf à s’y prendre au cas par cas. Ainsi, les toponymes du type Gril ont-ils plus à voir avec le grillon qu’avec le gril et ceux du type Grillère (et ils sont plus de cent !) peuvent-ils évoquer un endroit chauffé par le soleil aussi bien qu’habité par les grillons.
On peut cependant imaginer que le Bois Grillé (Pantou, S.-et-M.), le Fief Grillé (Sainte-Soule, Ch.-M.), le Grillé (Pérignac, id. ; Combreux, Loiret …), le Pâtis Grillé (Guenrouet, L.-A.), le Pech Grillé (Calvignac, Lot) ou encore le Rocher Grillé ont tous à voir avec le feu, d’une manière ou d’une autre, sans oublier les féminins Combelle Grillée (Mirbel, H.-M.), la Grillée (Sainte-Marie-la-Blanche, C.-d’Or), la Groie Grillée (Tennie, Sarthe – groie : sol caillouteux).
Dans certains cas, notamment en montagne, grillé ou grillée a pu se dire d’un versant ou d’une côte bien exposés au soleil : on trouve ainsi des Costes Grillées à Saint-Hippolyte (Cantal). On pensera aussi aux lieux-dits Grille-Midi (Chiroubles, Fleurie, etc. Rhône) particulièrement chauffés par le soleil de midi.
Alors que le terme « grillerie » est considéré comme un néologisme récent (absent du CNRTL, du Robert et du Larousse), on le retrouve à plus de vingt exemplaires en toponymie, dont certains très anciens comme La Grillerie à Saint-Martin-d’Auxigny (Cher, attesté en 1681) ou encore Les Grilleries à Vivoin (Sarthe, attesté La Grillerie en 1060 selon le Dictionnaire topographique de la Sarthe d’E. Vallée, 1950) : il s’agissait sans doute d’ateliers de fabrication de grillages de fer.
Je termine ce rapide passage en revue avec les grillottes , des « terres légères où le blé est exposé à griller » selon le Pégorier (GTD*) qui le réserve au Centre de la France mais qu’on retrouve sous les formes (La ou Les) Grillotte(s) à plus de soixante exemplaires, très majoritairement dans le Doubs, l’Yonne, la Nièvre et la Saône-et-Loire (Bourgogne-Franche-Comté) et plus rarement dans le Grand-Est ou le Centre-Val-de-Loire.
Pour le plaisir, j’ajoute qu’autrefois les habitants de Damprichard (Doubs) étaient appelés les Grille-souris ou Cul-brûlés depuis que l’un d’eux avait incendié sa maison pour se débarrasser des souris. Il existe également un hameau Grille-Souris à Lonlay-l’Abbaye (Orne) mais je n’en connais pas l’histoire.
Rôti
Le verbe « rôtir » (attesté en 1487), d’abord rostir (vers 1155) est emprunté au germanique *raustjan, « faire griller à la broche », déduit de l’ancien haut allemand rôsten (cf. l’allemand rösten), lequel serait dérivé de rôst, nom masculin donnant le féminin rôste, « gril ». L’ancien provençal raustir comme l’italien arrostire viennent du même étymon, également passé au latin du Bas Empire par les garnisons franques des bords du Rhin. Quant à l’anglais to roast, il est repris de l’ancien français. Le verbe a d’abord eu un sens purement culinaire de « cuire à la broche ou au four » mais, dès 1190, il a pris le sens d’« exposer à une forte chaleur ».
Le déverbal rost donnant rôt est à l’origine de toponymes comme le Fond du Rôt (la Valla-en-Gier, Loire), les Rôts (Faverolles, Oise ; Chaudenay, S.-et-L. …), le Bois des Rôts (Lavau, Yonne) etc. Toutefois, certains de ces toponymes ne doivent pas être confondus avec les Rots issus du germanique raus, « roseau » comme la commune Rots du Calvados qui était Rausus en 876 ni avec des dérivés du germanique reudh, ruda, d’où roth ou rot « défrichement », mais sans rapport avec le feu, qui a donné par exemple le nom de Rott dans le Bas-Rhin et des toponymes comme de nombreux la Rotte. Enfin, selon le Pégorier (GTD*) rot peut avoir le sens de « terrain en pente rapide » dans le Doubs, d’où sans doute la Combe au Rot à Ornans.
Le participe passé est plus facilement identifiable et a été le plus souvent utilisé pour qualifier une terre particulièrement bien exposée à la chaleur du soleil, comme pour la célèbre Côte-Rôtie de la vallée du Rhône. On le trouve également au masculin comme Le Rôti (Saint-Jean-de-la-Fôret et Neuilly-le-Buisson, Orne etc.), Les Rotis (Bérigny, Manche) et de nombreux Champ Rôti, Mont Rôti etc. On trouve également des variantes avec –y terminal comme pour le Mont Rôty (Saint-Plancher, Manche ; Les Loges, S.-Mar. etc.), le Rosty (Saint-Martin-d’Aubigny, Manche), les Rostys (Saint-Arnoult-des-Bois, E.-et-L., Les Roustiz en 1445) etc. Cependant, pour certains de ces toponymes également il peut y avoir confusion avec des dérivés du germanique rüti, « défriché ».
Le dérivé rostier, « gril, rôtissoire » est à l’origine du nom de La Rothière (Aube, Cappella de Rosteria en 1104), du Rostier (Bourbriac, C.-d’A. etc.), des Rotiers (Saint-Patrice, I.-et-L. etc.), de la Rostière (Vautorte, May. etc), des Rostuères (saint-Denis-de-Gastines, May. etc.) etc. On leur ajoutera Les Rôtisseries (Boissettes, Sarthe, déjà le même nom en 1779), La Rôtisserie (Cellettes, L.-et-C. ; Marigny-Brizay, Vienne, La Routisserie en 1608) et Le Rôtissoir (Marigné-Peuton, May.).
Roussi
L’adjectif et nom d’abord ros (fin XIè siècle) puis rous (vers 1160) et enfin roux (XVIè siècle) est issu du latin russus, « rouge, fauve ». Sur cet adjectif a été formé le verbe roussir, d’abord au sens de « rendre roux » (vers 1278) puis de « faire devenir roux en brûlant légèrement par une forte chaleur ou par le froid » (1690) et « brûler superficiellement » (1802).
On trouve cet adjectif dans de nombreux toponymes du type (Le, La ou Les) Roussi(e–s) ou en complément dans des noms comme le Puech Roussi (Lacapelle-del-Fraisse, Cant.), la Côte Roussie (Rochefort-Samson, Dr.), ou encore les Champs Roussis (Couches, S.-et-L.). Il semble bien que le nom de Roussivau (Saint-Raphaël, Var), c’est-à-dire le « val roussi », soit dû à un ancien incendie
Les dérivés sont nombreux mais souvent trompeurs. Roussillon qualifie la couleur de la terre sans rapport avec le feu et peut être un patronyme, diminutif de « roux ». Roussière (plus de 650 toponymes en Pays-de-la-Loire, Centre-Val-de-Loire, Normandie etc.) désigne un lieu où poussent les roseaux ou la propriété d’un nommé Roux. Roussille ou Roussilhe (près de 140 toponymes en pays de langue d’oc) évoque le rouge-gorge (occitan rossilha) et peut aussi être un nom de famille.
Le nom des communes de Roussines (Char., de Rossinis en 1280 ; Indre, apud Rocinis en 1248) comme celui de Roussy (Cantal) sont issus du nom d’homme latin Russinus (DENLF*). Une autre étymologie a été proposée (TGF*), celle de l’oïl roncine, « jument de service » ou de l’occitan rossin, « cheval de service, cheval quelconque », pour distinguer une ferme qui avait un cheval de celles qui n’en avaient pas. Cela pourrait aussi expliquer le nom de Pisse-Roussines à Teyjat (Dord.)
Tosté
Le gallo-roman torrere, « brûler, griller, rôtir » a comme participe passé tostu, « brûlé », dont le féminin pluriel tostas (terras) est à l’origine de noms de lieux principalement en Normandie et en Bourgogne. On trouve ainsi les communes de Tostes (Eure, Sainte Anne de Totte en 1722), Tôtes (S.-Mar.) et de Thoste (C.-d’Or) (DENLF*). On rencontre également des lieux-dits Les Tostes (Bonneville-la-Louvet, Calv. –Tostae en 1219), Tôtes (L’Oudon, Saint-Pierre-en-Auge id. ; Glomel, C.-d’A. ; Bougey, H.-Saône, etc.) ou encore La Tosterie (Gouvets, Manche). Toutefois, pour certains de ces toponymes, E. Nègre (TGF*) a avancé l’hypothèse d’un nom d’homme germanique Totta(s) qui aurait subi l’influence de toster, « brûler », hypothèse qui ne semble pas avoir été suivie.
Le nom de Tostat (H.-P., Tostad en 1285) semble venir lui aussi du participe passé tostado, « brûlé », et on pourrait en rapprocher le nom du Quartier Toustet d’Espoey (P.-A.), des Toustets (Beuste, id.) et de la Coumbo Toustette à Massegros Causses Gorges (Loz.)

La devinette
Il vous faudra trouver un lieu dit de France métropolitaine qui aurait pu figurer dans le billet du jour.
Ce toponyme, lié au feu, ne présente aucune ambiguïté étymologique.
Le nom de la commune qui l’abrite est composé d’un nom générique de cours d’eau accompagné d’un nom de personne germanique.
Plusieurs histoires ont été inventées pour expliquer le nom de cette commune. L’une d’entre elles pourrait être illustrée ainsi :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr
Bonjour m Leveto
-retour vers les Vosges :
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-88 CHAVELOT
sauve l’eau ( selon wikipedia )
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88 GOLBEY goulle-belle ( étang ) selon le site de la ville.
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88 saint-léonard , hameau de VANEMONT
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88 THAON-LES-VOSGES ( 88 Les Thons ) # thaon 14 Calvados
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88 ONCOURT (actuellement dans thaon-les-vosges ) ; rien sur wiki .
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95 PERSAN
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Venant de lire le livre de Patrick Rambaud , LA BATAILLE , j’ai relevé les noms :
( Première semi-défaite de Nabot-Léon , avant la victoire sanglante -boucherie /de Wagram )
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ASPERN ( bataille d’Aspern en anglais ou Aspern-Essling , ( en allemand / Schlacht bei Aspern )
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ESSLING ( bataille d’Essling en Français , la bataille a en fait débuté à Aspern )
The first known name of the town was Ezzelaren.
The Eslarn family had important roles in the Vienna city administration. Konrad von Eslarn was mayor of Vienna in 1287. Since about 1590, the area has been known as Essling
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L’île de LOBAU » bois dans l’eau » ( selon wiki ) , ( AU = eau, en allemand .) lob .
le mot LAUB désigne un bois feuillu , le feuillage < laub : feuille < leup (indo-européen )
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j’ai jeté un coup d’oeil sur Google Earth , l’île a quasiment disparu , remodelée , servant de dépôts pétroliers , tout est construit.
aspern essling sont totalement urbanisés , banlieues immédiates de Vienne Donaustadt ( » ville du Danube » ) , 22ème district .
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Le BISAMBERG mont de ?? de Pusinberge ( XIIe s ) Pusenberg ,Bisnberg ( dans le Weinviertel : quartier, terroir du vignoble ).
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Le MARCHFELD
extrait de wiki , il n’y a même pas d’article en français sur le Marchefeld , zone de combat de la bataille d’Essling .
The region takes its name from the river MARCH (Morava) in the east (derived from « Mark », meaning « border »), which serves as Austria’s border with Slovakia . The term « Marchfeld » thus means « territory/plain by the border river ». The southern boundary of the Marchfeld is formed by the Danube and its floodplains.
Donc » le champ sur la Morava »
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WAGRAM ( Deutsch-Wagram : wagram allemand )
It was named after a now silted up meander of the Danube river, where the waves ( Wogen) crashed against the shore (Rain).
In 1560 it received the prefix Deutsch- to differ it from Kroatisch-Wagram (today part of Eckartsau), a village founded by Croat settlers in the course of the 1529 OttomanSiege of Vienna
-Deutsch-Wagram est une ville autrichienne du district de Gänserndorf dans le Land de Basse-Autriche.-Le nom de Wagram vient de l’allemand Wogengrenze (wac = Woge = houle, vague, ram/rain = Grenze = frontière, limite), similaire à la pente du Wagram près de Krems à environ 50 km à l’ouest.
La première mention figure dans un registre foncier de 1258, lorsque le duché d’Autriche était sous la domination du roi Ottokar II de Bohême.
La fondation du village remonte à la colonisation germanique dans le margraviat d’Autriche au XIe et au XIIe siècle
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Les TUDOR 1 gallois , celte toutorix » roi du peuple » , convient bien aux rois Tudor
2 mais aussi autre hypothèse
je connais des roumains nommés Tudor ( sans rapport probable )
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Catalogne GRANOLLERS ( Tour de France 2026)
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Bonne semaine , M Leveto.
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Faute de frappe: le Pâtis Grillé (Guernouet, L.-A.), il s’agit de Guenrouet.
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►hervé
Merci pour votre lecture attentive.
C’est corrigé.
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► echogradient73
■ 88 CHAVELOT sauve l’eau ( selon wikipedia )
► Vous me posiez déjà cette question il y a moins d’un an ! Et je vous répondais le 21 mai 2025 :
Chavelot portait déjà le même nom en 1294, que Dauzat & Rostaing jugent « obscur » et que Nègre ne mentionne même pas.
Selon A. Fournier (De la manière dont on a écrit les noms de lieux vosgiens depuis leur origine jusqu’à nos jours, 1890) on écrivait Chavelo en 1453 et Chaivelo en 1458. On peut penser à un diminutif de « chauve » (latin calvis) pour désigner un « (petit) endroit dénudé ».
NB : en ancien français, chavelot désigne bien le meunier … mais, précise Godefroy, il s’agit d’« une sorte de poisson, le meunier ou la lotte » et pas de l’homme qui fait tourner un moulin, comme je me suis empressé de le signaler sur wiki.
https://vousvoyezletopo.home.blog/2025/05/18/cingle-cengle-etc/#comment-20854
■ 88 GOLBEY goulle-belle ( étang ) selon le site de la ville.
► Vous me posiez déjà la question il y a moins d’un an et je vous répondais le 04 juillet 2025 :
E. Nègre émet l’hypothèse d’un dérivé du germanique *gullia, « bourbier », accompagné de bach, « ruisseau ». Le nom aurait d’abord désigné le ru d’Olima.
https://vousvoyezletopo.home.blog/2025/06/29/narse-ou-narce/#comment-20916
NB Formes anciennes connues : J. de Golobes (vers 1150) ; Goullebey (1368) ; Goulebey (1395) ; Gollebey (1413) ; Golebey (1423) ; Goulbey (1424) ; Goulby (1459) ; Golbey (1586) ; Golbeium (1768).
■ 88 saint-léonard , hameau de VANEMONT
► Attesté in banno de Vannemont au XIVè siècle, Wanemont en 1494, Wainemont en 1522, Wannemeont en 1563 et Vanemont en 1628. Sans doute du nom d’homme germanique Warningus et latin montem, comme pour Vannecourt (Mos.) qui était Warnugo curtis en 777 puis Wanecourt en 1492.
■ 88 THAON-LES-VOSGES ( 88 Les Thons ) # thaon 14 Calvados
►Thaon-les-Vosges est attesté de Tadone (1003), Thaon (1297), Tawon (1396) et de Taonno (1402), du nom de personne germanique Tato(n).
Thaon (Calv.) est attesté Taun (1147), Taon (1182) et Tahon (1198) de même étymologie.
Les Thons (Vosges) est attesté De duabus Tonis en 1136, sans doute de la variante *ton– du celtique *tnou-, « vallée » (aussi tonou, tano, teno ….). On peut aussi penser au celtique *tosna, « vague, onde » qui, avec le suffixe –one, a donné son nom à Thonon-les-Bains (H.-Sav.)
■ 88 ONCOURT (actuellement dans thaon-les-vosges ) ; rien sur wiki .
► Attesté de Unocurt en 1123, Anocurt en 1168, Auncourt en 1182, Hugonis curtis au XIIè siècle et Oncourt en 1594. Probablement du nom de personne germanique Unno et latin cortem. La forme Hugonis curtis du XIIè siècle semble être une mauvaise interprétation du nom originel.
■ 95 PERSAN
► attesté Persinc en 1200 et Parcenc vers 1110, peut-être du nom d’homme germanique Bersent et (E. Nègre) ou de femme germanique Beraht-sind (Dauzat & Rostaing).
Bersent ou Beraht-sind : du vieux haut allemand beraht d’où berth, « brillant, illustre » et vieux haut allemand sind ou sint, « chemin, voyage », suggérant une personne au parcours brillant ou illustre.
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Venant de lire le livre de Patrick Rambaud , LA BATAILLE , j’ai relevé les noms :
( Première semi-défaite de Nabot-Léon , avant la victoire sanglante -boucherie /de Wagram )
■ ASPERN ( bataille d’Aspern en anglais ou Aspern-Essling , ( en allemand / Schlacht bei Aspern )
►Attesté Asparn en 1268, du nom de la famille noble des Asparn (dont le château se trouvait à Asparn an der Zaya, en Basse-Autriche) qui possédait d’importants domaines fonciers dans cette région. Le nom d’Aspern ne proviendrait donc pas directement de l’expression « lieu sous les peupliers trembles », mais du nom de la famille des Asparn. Cependant, ce nom de famille est lui-même issu du vieux haut allemand aspar, d’où est issu aspen, « peuplier tremble ».
■ ESSLING ( bataille d’Essling en Français , la bataille a en fait débuté à Aspern )
The first known name of the town was Ezzelaren.The Eslarn family had important roles in the Vienna city administration. Konrad von Eslarn was mayor of Vienna in 1287. Since about 1590, the area has been known as Essling.
►Attesté Ezzelars vers 1250/60 https://www.geschichtewiki.wien.gv.at/Essling_(Ort)
À partir de 1286/87 apparaît le nom de famille Eslarn dont les membres seront influents jusqu’au XVIè siècle. En 1590 le nom de la ville change pour Ehsling ou Essling puiselle est appelée Esslingen en 1880, Essling ou Esslingen en 1890 et définitivement Essling à partir de 1938.
La famille d’Eslarn est issue de la ville d’Eslarn dont le nom apparaît pour la première fois en 1135 sous la forme Eselharn, du vieux haut allemandEselaerun , « aux conducteurs d’ânes » soit « les âniers » https://de.wikipedia.org/wiki/Eslarn
Essling, avec esel, « âne » et suffixe –ing, semble être une réduction de Eslarn-ing. Pour rappel, le suffixe -ing, ou plutôt -ingen, est germanique et désignait l’ensemble des personnes vivant dans l’entourage d’un individu.
■ L’île de LOBAU
» bois dans l’eau » ( selon wiki ) , ( AU = eau, en allemand .) lob .
le mot LAUB désigne un bois feuillu , le feuillage < laub : feuille < leup (indo-européen ) .j’ai jeté un coup d’oeil sur Google Earth , l’île a quasiment disparu , remodelée , servant de dépôts pétroliers , tout est construit. aspern essling sont totalement urbanisés , banlieues immédiates de Vienne Donaustadt ( » ville du Danube » ) , 22ème district .
►En effet, Lobau est bien le « bois feuillu (laub) dans l’eau (awa) ».
■ Le BISAMBERG mont de ?? de Pusinberge ( XIIe s ) Pusenberg ,Bisnberg ( dans le Weinviertel : quartier, terroir du vignoble ).
► Bisamberg est mentionné pour la première fois en 1108 sous le nom de de Pusinberge, en 1149 sous celui de Bösinperge, en 1311 sous celui de an dem Püsemberg, en 1403 sous celui de Pisnperg et enfin en 1512 sous celui de under dem Püsemberg . Il s’agit de « la montagne d’un nommé Poso ». https://www.austriaca.at/0xc1aa5572%200x001e89e0.pdf (page 22)
Le nom a subi l’attraction de Bisam, d’abord « parfum, odeur forte, musc » (bas-latin bisamum, hébreu basam, cf. « baume, balsamique ») et, aujourd’hui, « rat musqué » (animal qui n’a été introduit en Europe qu’au début du XXè siècle).
■ Le MARCHFELD
extrait de wiki , il n’y a même pas d’article en français sur le Marchefeld , zone de combat de la bataille d’Essling .
The region takes its name from the river MARCH (Morava) in the east (derived from « Mark », meaning « border »), which serves as Austria’s border with Slovakia . The term « Marchfeld » thus means « territory/plain by the border river ». The southern boundary of the Marchfeld is formed by the Danube and its floodplains. Donc » le champ sur la Morava «
► Marchfeld est plutôt « le territoire (feld) frontière (mark) » bordé par la Morava (Maraha en 892, de l’indo-européen *mor « eau, marais » et slave –ava du proto-germanique ahwa, « eau »).
■ WAGRAM ( Deutsch-Wagram : wagram allemand )
It was named after a now silted up meander of the Danube river, where the waves ( Wogen) crashed against the shore (Rain). In 1560 it received the prefix Deutsch- to differ it from Kroatisch-Wagram (today part of Eckartsau), a village founded by Croat settlers in the course of the 1529 OttomanSiege of Vienna
Deutsch-Wagram est une ville autrichienne du district de Gänserndorf dans le Land de Basse-Autriche.-Le nom de Wagram vient de l’allemand Wogengrenze (wac = Woge = houle, vague, ram/rain = Grenze = frontière, limite), similaire à la pente du Wagram près de Krems à environ 50 km à l’ouest. La première mention figure dans un registre foncier de 1258, lorsque le duché d’Autriche était sous la domination du roi Ottokar II de Bohême. La fondation du village remonte à la colonisation germanique dans le margraviat d’Autriche au XIe et au XIIe siècle.
► La première forme Wachrein, attestée en 1258, a sans doute signifié « la lisière (rein ou rain) de garde ou de guet (wache) » (Deroy &Mulon, Dictionnaire des noms de lieux) ou « le bord de cours d’eau » (A. Room, Placenammes of the World). Le nom est devenu Wograyn en 1316 qui a sans doute évolué vers *Wogran, *Wogram avant de se fixer à Wagram dans l’usage administratif.
■ Les TUDOR 1 gallois , celte toutorix » roi du peuple » , convient bien aux rois Tudor
2 mais aussi autre hypothèse je connais des roumains nommés Tudor ( sans rapport probable )
► La famille Tudor est d’origine galloise où son nom est Tewdwr, Tudur ou Tudyr.
Il s’agit probablement d’une variante galloise du prénom Théodore (grec Théo-doron, « don de Dieu » latinisé en Theodorus).
L’hypothèse du celte Toutorix est plus fragile, dans la mesure où ce nom n’est attesté qu’à deux reprises : une fois sur une inscription lapidaire à Vienne-en-Val (Loiret) et une autre sur des fragments de poterie à Nuits-Saint-Georges (C.-d’Or). On peut aussi le rapprocher du germanique Theodoric dont on voit mal comment la dernière syllabe, accentuée, aurait disparu pour aboutir à Tudor.
D’après un ouvrage consacré aux Pub Names, le nom Tudor viendrait bien de Théodore mais a pu être contaminé par le gallois tud, « peuple » ou « pays ». https://www.google.fr/books/edition/Dictionary_of_Pub_Names/k-4SrdUPNFoC?hl=fr&gbpv=1&dq=%22tudor%22++name+meaning&pg=PA404&printsec=frontcover
■ Catalogne GRANOLLERS ( Tour de France 2026)
► Attesté Granullaria par les Romains et Granularios Subteriore en 944, du latin granulum, « petit grain » et suffixe -aria. La ville était un important centre agricole de production céréalière.
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