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Théâtre de Timgad

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Théâtre de Timgad
Theatrum Thamugadense
Vue du théâtre de Timgad.
Présentation
Type
Destination actuelle
Site archéologique
Construction
Début du Ier siècle
Largeur
63,6 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
Partie d'un site du patrimoine mondial (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial
Site du Bien
Année d'inscription
Localisation
Pays
Wilaya
Commune
Coordonnées
Géolocalisation sur la carte : site archéologique de Timgad
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Géolocalisation sur la carte : Timgad
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Le théâtre de Timgad (en latin : Theatrum Thamugadense) est un théâtre romain situé dans la ville antique de Timgad, dans l'actuelle wilaya de Batna, en Algérie. Implanté à proximité immédiate du forum, dont il est séparé par une rue, il appartient au secteur monumental central de la cité. L'édifice fait partie du site archéologique de Timgad, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982.

Construit en relation avec le relief, le théâtre est en grande partie adossé à une colline aménagée pour recevoir la cavea, tandis que les zones les plus abruptes sont consolidées par des massifs de maçonnerie. Son plan semi-circulaire s'organise autour d'une cavea divisée en maeniana, d'une orchestra dallée et d'un pulpitum, complétés par un dispositif scénique aujourd'hui en grande partie disparu. Avec une largeur d'environ 63,60 m, il relève de la catégorie des théâtres romains de taille moyenne.

Les données épigraphiques permettent de situer sa construction, ou son achèvement, sous Antonin le Pieux et Marc Aurèle au IIe siècle. Une inscription datée de 158 et une dédicace monumentale des années 167 à 169 rattachent le monument à une phase d'extension du centre urbain. Sa capacité, estimée à au moins 3 500 spectateurs, témoigne du rôle des spectacles dans la vie civique.

Abandonné à l'Antiquité tardive, le monument subit des dégradations liées aux réoccupations et au remploi des matériaux. Il est redécouvert à la fin du XIXe siècle et dégagé entre 1885 et 1887 sous la direction d'Edmond Duthoit, puis restauré au début du XXe siècle par Albert Ballu. Au XXe siècle, il est réutilisé dans le cadre du Festival international de musique de Timgad, avant la construction d'un nouveau théâtre à proximité en 2010.

Localisation de la cité

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Localisation du Théâtre au centre du site (élément 51, en violet).

Timgad se situe sur les premières pentes septentrionales du massif de l'Aurès, à la limite entre la montagne et les plaines, dans une zone qui constitue à l'époque romaine une ligne de défense naturelle[B 1]. La ville s'implante dans un espace dégagé, au contact direct des reliefs, et s'inscrit dans un dispositif stratégique destiné à surveiller et contenir les populations montagnardes[B 1].

La fondation de Timgad répond à un objectif militaire[B 2]. La cité est établie comme place de seconde ligne, au pied de l'Aurès, afin d'assurer le contrôle du territoire et de sécuriser les communications entre les zones de plaine et les régions montagneuses[B 2]. Cette implantation explique que la ville adopte dès l'origine une organisation rigoureuse et fermée, héritée du modèle du camp, et qu'elle soit entourée d'une enceinte destinée à la protéger contre les incursions[B 3].

Dans le cadre de l'Empire romain, Timgad apparaît comme un exemple représentatif des cités de droit romain créées en Afrique[B 4]. Sa position géographique, à la fois périphérique et stratégique, conditionne son rôle régional et son développement urbain, tout en l'intégrant pleinement aux structures administratives et territoriales de l'Afrique romaine[B 5].

Situation du théâtre dans la ville antique

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Le théâtre de Timgad occupe une position voisine du forum, dont il n'est séparé que par une seule rue longeant la façade méridionale de la place, désignée par Boeswillwald, Cagnat et Ballu en 1905 dans le livre Timgad, une cité africaine sous l’Empire romain comme la « Rue du Théâtre »[B 6]. Cette proximité inscrit l'édifice dans le secteur monumental central de la colonie et le met en relation directe avec les principaux espaces de la vie civique[B 6].

La Rue du Théâtre, large d'environ 8 m à son angle avec la rue bordant le forum à l'ouest, dite « Rue de la Curie », se dirige vers l'est en suivant une pente de plus en plus marquée[B 6]. Son niveau s'élève ainsi de 0,67 m au sud-ouest du forum à 3,54 m à son angle sud-est, ce qui montre que l'implantation du théâtre tient étroitement compte du relief[B 6]. Cette voie longe d'abord des maisons particulières, puis atteint le mur fermant la cour du théâtre, avant de déboucher, à l'angle sud-est de la basilique, dans la « Rue de la Basilique », qui permettait d'accéder à la partie supérieure de l'édifice[B 6].

L'implantation du monument dépend en effet directement de la topographie[B 7]. Le théâtre est en grande partie taillé dans une colline, dont les pentes extrêmes, vers le nord, ont été nivelées pour établir le forum ainsi que les voies qui le bordent, notamment le decumanus maximus et la Rue du Théâtre[B 7]. Du côté de cette dernière, la coupe abrupte du terrain est renforcée par un long massif de maçonnerie destiné à soutenir la cavea, ce qui traduit l'intégration étroite de l'édifice au relief et au réseau viaire du centre urbain[B 7].

Histoire de la cité

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La cité de Timgad est fondée en l'an 100 par Trajan, qui y établit une colonie romaine placée sous l'autorité de la Troisième légion Auguste et de son légat Lucius Munatius Gallus[1],[2]. Située à 21 km de Lambèse, sur l'axe reliant cette dernière à Theveste, la ville s'implante dans une haute plaine encadrée par le massif de l'Aurès et le mont Bou Arif, dans une position stratégique permettant de contrôler les voies d'accès vers ces régions[3]. Son nom officiel, colonia Marciana Traiana Thamugadi, associe la mémoire de Marciana, sœur de Trajan, à un toponyme indigène conservé sous la forme Thamugadi[2]. L'alimentation en eau, notamment assurée par la source d'Aïn Morris, ainsi que les conditions naturelles favorables, contribuent à son développement urbain et agricole[4],[5].

Vue sur l'Arc de Trajan.

Au cours du Haut-Empire, Timgad se développe comme une cité civile prospère de Numidie, distincte du rôle plus directement militaire de Lambèse[6]. Cet essor s'inscrit dans le contexte de la Pax Romana, qui favorise l'intégration des populations locales romanisées dans les structures civiques de l'Empire[7]. La ville se dote progressivement de ses principaux monuments : forum, théâtre, marché, Capitole, temples et thermes. Tandis que son territoire assure une production agricole diversifiée, incluant céréales, oliviers, élevage et ressources forestières[8],[9]. Sous Antonin le Pieux, puis au IIe siècle et au début du IIIe siècle, la cité connaît une phase d'intenses travaux d'aménagement : le forum est réorganisé, la curie restaurée, les voies améliorées et de nouveaux édifices monumentaux sont édifiés, parmi lesquels l'Aqua Septimiana et le temple des eaux[10]. Au début du IIIe siècle, la population est estimée à environ 15 000 habitants[11].

À partir du IIIe siècle et plus nettement au IVe siècle, Timgad s'affirme comme un centre chrétien important. La présence d'un évêque est attestée dès le IIIe siècle, et l'évêque Novatus participe au concile de Carthage de 256[12],[13]. Plusieurs édifices religieux sont ensuite construits, parmi lesquels basiliques, chapelles, baptistères, oratoires et un monastère[13]. La ville devient également un centre majeur du donatisme en Numidie. En 388, l'évêque donatiste Optatus de Timgad joue un rôle politique et religieux de premier plan avant d'être arrêté à la suite de la chute de Gildon[14]. Lors de la conférence de Carthage de 411, la cité est représentée par deux évêques rivaux, l'un catholique et l'autre donatiste[14].

À partir du IIIe siècle et surtout au IVe siècle, la cité entre dans une phase de déclin marquée par les troubles de la fin de l'Antiquité. Elle passe sous domination vandale avant d'être affectée par les offensives maures, et est prise puis évacuée au plus tard en 484, sans que toute activité ne disparaisse totalement[15],[16]. La reconquête byzantine modifie à nouveau la situation : en 539, sous l'action du patrice Solomon, la ville est restaurée et dotée d'un fort byzantin, encore conservé aujourd'hui[13],[17]. Malgré le recul du centre monumental antique, une activité urbaine et religieuse subsiste encore aux VIe et VIIe siècles, comme l'attestent plusieurs dédicaces chrétiennes[18]. Les sources ne permettent toutefois pas de préciser les dernières phases d'occupation du site[19].

Histoire du théâtre

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Le croisement des données épigraphiques permet de situer la construction, ou du moins l'achèvement, du théâtre sous Antonin le Pieux et Marc Aurèle[B 8]. L'inscription datée de 158, associée à une porte de l'édifice, et la grande dédicace monumentale restituée pour les années 167 à 169 montrent que le monument appartient à une phase de développement postérieure à celle des principaux édifices du forum[B 9],[B 8]. Le théâtre paraît ainsi avoir été élevé environ un demi-siècle après la fondation de la colonie[B 8].

Après son abandon, le théâtre connaît des occupations postérieures qui modifient profondément son état initial[B 7]. Le site, alors largement recouvert par des dépôts de sable, de cendres et de terres fines, est investi par des populations qui s'installent au sein des ruines et en réutilisent les structures[B 7]. Au centre de la cavea, un creusement assimilé à un silo est pratiqué, entraînant la destruction partielle du dallage de l'orchestra, tandis que des aménagements sommaires sont réalisés à l'aide de matériaux de remploi, tels que des fragments d'inscriptions et des dalles provenant du monument[B 7].

Le nouveau théâtre de Timgad.

Parallèlement, certaines entrées sont volontairement obstruées, comme l'accès nord, et les élévations de la scène font l'objet d'un démontage systématique destiné à récupérer les matériaux de construction, laissant sur place un amas de débris architecturaux[B 7]. Ce processus de spoliation se prolonge dans les phases ultérieures ; plusieurs éléments du théâtre sont réemployés dans des constructions plus tardives, notamment dans la forteresse byzantine ; cela explique la disparition presque totale de certaines parties de l'édifice[B 10].

L'édifice est redécouvert et étudié dans le cadre des premières campagnes archéologiques menées à Timgad à partir de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle[B 7]. Ces travaux permettent d'en restituer le plan, les élévations et les principales fonctions, contribuant à en faire l'un des monuments emblématiques de la cité antique[B 7]. Dans ce contexte, Albert Ballu procède à d’importantes opérations de consolidation et de restitution de la cavea, dont les travaux sont documentés par les architectes Jean Camille et Jules Formigé[20].

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, le théâtre connaît une nouvelle phase d'occupation liée à la création du Festival international de musique de Timgad, qui s'y tient depuis 1978[B 11]. L'utilisation du monument comme espace de spectacle contemporain entraîne cependant des dégradations progressives, dues notamment au poids des équipements techniques et aux aménagements nécessaires à l'accueil du public[21].

Face à ces risques pour la conservation du site, les autorités locales et les acteurs culturels engagent, à partir de 2002, un projet de délocalisation du festival vers une nouvelle infrastructure construite à proximité immédiate de la cité antique[22]. Ce nouveau théâtre de plein air, conçu comme une réinterprétation du modèle antique, est achevé en 2010 ; il préserve l'intégrité du monument romain et assure la continuité des manifestations culturelles[23].

Histoire des fouilles

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L'état du site, avant les premières interventions archéologiques, a conditionné les modalités de découverte et de dégagement du théâtre. Au XIXe siècle, le niveau antique se trouve profondément enfoui sous une épaisse accumulation de sable, de cendres et de terres fines, qui nivelle les irrégularités du terrain et masque presque entièrement les structures[B 6],[B 7]. Dans ces conditions, la présence même de l'édifice est difficile à percevoir : une légère déclivité du sol et quelques indices ténus, comme les trois tronçons de colonnes encore visibles dans la cour, permettent d'en soupçonner l'existence[B 7]. Cette situation est documentée par une série de photographies prises lors des premières opérations de dégagement menées par Edmond Duthoit entre 1885 et 1887 : elles sont un témoignage direct de l'état du monument avant toute intervention systématique[20].

Le remblai atteint par endroits des épaisseurs considérables, jusqu'à 7 m à l'angle intérieur de l'entrée sud et encore 3 m au-dessus de la balustrade de l'orchestra, ce qui explique la difficulté des premières reconnaissances et l'ampleur des travaux nécessaires pour dégager le monument[B 7]. L'ensemble des cavités est comblé par ces dépôts, qui contribuent à la fois à préserver certaines structures et à en compliquer l'identification[B 7].

Autour du site, des aménagements rudimentaires sont réalisés à l'aide de matériaux de remploi, notamment des fragments d'inscriptions et des dalles du théâtre disposées sans ordre, révélant un usage opportuniste des vestiges antiques[B 7].

Les accès eux-mêmes portent la trace de ces réoccupations, comme l'entrée nord, obstruée par un empilement de blocs de pierre[B 7]. Le dégagement de certaines parties, en particulier de la scène, se révèle particulièrement difficile[B 7]. Les élévations ont en grande partie disparu, les matériaux de grand appareil ayant été systématiquement récupérés, tandis que de nombreux éléments architecturaux, tels que des fûts de colonnes et divers débris, demeurent accumulés sur place, formant un ensemble désorganisé qui complique le travail des fouilleurs[B 7].

Les observations effectuées lors des fouilles montrent en outre que ces destructions ne sont pas uniquement liées aux occupations tardives, mais résultent aussi d'un démantèlement ancien du monument[B 10]. Les blocs équarris ont été prélevés en priorité, tandis que des fragments architecturaux ou sculptés, jugés moins utiles, sont restés abandonnés sur place[B 10]. Plusieurs éléments du théâtre ont ainsi été réemployés dans d'autres constructions, notamment dans la forteresse byzantine, confirmant l'ampleur des récupérations de matériaux[B 12],[B 10].

Description architecturale

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Plan général

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Coupe longitudinale sur le Théâtre de Timgad par Albert Ballu.

Le théâtre de Timgad présente un plan semi-circulaire organisé autour d'une cavea adossée à une colline, dont les pentes ont été aménagées pour recevoir les gradins, tandis que les parties les plus abruptes sont soutenues par de puissants massifs de maçonnerie[B 7]. Cette disposition, fréquente dans l'architecture théâtrale romaine, permet d'assurer à la fois la stabilité de l'édifice et une économie dans les travaux de construction[B 7].

L'édifice s'inscrit dans un système de circulations étroitement lié à son environnement urbain[B 6]. L'accès principal s'effectue depuis le forum, dont il n'est séparé que par la Rue du Théâtre[N 1], tandis que d'autres accès permettent de rejoindre directement l'orchestra par les couloirs latéraux ou d'atteindre les parties supérieures par les voies adjacentes et les dépendances du monument[B 6],[B 13],[B 9]. Un autre accès au théâtre s'effectuait par une entrée ménagée au milieu de la courbe des gradins, correspondant aujourd'hui à un quadrilatère percé de deux passages latéraux[B 14].

Le plan général se caractérise par une organisation hiérarchisée des espaces[B 15]. La cavea, divisée en plusieurs maeniana, occupe la partie adossée au relief, tandis que l'orchestra, de plan semi-circulaire, forme le centre de l'édifice et communique directement avec les couloirs latéraux[B 15],[B 16]. En avant se développe le pulpitum, derrière lequel s'étendait le proscaenium, aujourd'hui disparu, dont les soubassements (hyposcaenium) révèlent l'organisation de la scène[B 17],[B 18].

La scène et ses dépendances s'inscrivent dans une vaste enceinte fermée, comprenant notamment des cours et des espaces de circulation qui assurent la distribution interne du monument[B 13],[B 9]. À l'arrière, un portique et une cour ouverte complètent cet ensemble, offrant des espaces de passage et de rassemblement en relation avec le fonctionnement du théâtre[B 19],[B 11].

L'ensemble de ces éléments compose un plan cohérent, où l'articulation entre relief naturel, structures construites et réseau de circulations traduit une conception rigoureuse de l'édifice, pleinement intégrée à la trame urbaine de la colonie[B 14]. La largeur maximale du théâtre atteint environ 63,60 m, ce qui le place parmi les édifices de dimensions moyennes dans le contexte des théâtres romains connus[B 14].

Organisation des accès et des circulations

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Plan général du Théâtre de Timgad.
Le couloir F du théâtre aboutit à un mur de fermeture, marquant l’absence de passage.

En avant du portique postérieur, s'étend un vaste espace ouvert, désigné sur le plan par la lettre K, situé à un niveau inférieur d'en moyenne 2 m et sans communication directe avec le portique[B 11]. Cet espace remplit plusieurs fonctions : il sert de lieu de réunion et de promenade avant la représentation, pendant les interruptions du spectacle et, plus largement, chaque fois que les portes ouvertes sur la Rue du Théâtre sont accessibles au public[B 11].

Les couloirs F et G appartiennent à un dispositif bien attesté dans les théâtres romains et trouvent des parallèles à Pompéi ou Aspendos[B 9],[B 16]. Tous deux étaient voûtés, comme l'indiquent les restes d'arcs de soutien en pierre de taille et en blocage encore adhérents aux parois latérales[B 16]. Ils débouchaient dans l'orchestra au niveau de la quatrième rangée de gradins à partir de la balustrade, tandis que les gradins supérieurs de la cavea se prolongeaient au-dessus d'eux jusqu'à l'alignement du proscaenium[B 16].

Le théâtre de Timgad présente néanmoins une particularité : le couloir F ne débouche pas directement à l'extérieur, mais vient buter contre un mur de fermeture[B 16]. Cette disposition s'explique par la topographie du site, la colline étant encore suffisamment étendue en ce point pour rendre inutile, ou trop coûteux, l'ouverture d'un accès direct par un escalier ou un corridor creusé dans la masse du terrain[B 16].

Au-dessus de l'aboutissement de ces couloirs, deux loges avancées, ou tribunalia, comparables à celles connues dans plusieurs autres théâtres romains, devaient vraisemblablement prendre place[B 16].

La scène s'inscrit dans une grande enceinte fermée sur tous les côtés par des murs qui délimitent les dépendances du théâtre[B 13]. Adossé à la colline, le mur B sert à la fois de clôture et de soutènement ; il est construit en belles briques et conserve encore, en plusieurs points, les trous carrés destinés autrefois à l'ancrage des échafaudages employés lors du chantier[B 13]. Ce mur était initialement recouvert d'un parement de grands blocs de pierre de taille aujourd'hui disparu[B 13].

Le mur C présente au contraire un appareil médiocre et porte de nombreuses traces de remaniements, ce qui suggère une histoire constructive plus complexe ou des réfections ultérieures[B 13]. Quant au mur A, tourné vers la Rue du Théâtre, il concentre la plupart des accès à l'édifice, selon une disposition qui met directement en relation la rue, les dépendances et les différentes parties internes du monument[B 13],[B 9].

L'accès à la partie basse du théâtre s'effectue par deux grands passages latéraux, désignés sur le plan par les lettres F et G, qui mettent l'orchestra en communication avec l'extérieur[B 13]. Ces deux couloirs ne présentent pas une disposition identique, tandis que l'un débouche directement sur la rue, l'autre n'est accessible qu'après la traversée d'une partie des dépendances du théâtre, ce qui révèle une organisation dissymétrique des circulations[B 13],[B 16].

Le mur donnant sur la Rue du Théâtre est percé de plusieurs portes assurant l'accès aux différentes parties de l'édifice[B 13]. La porte no 1, large de plus de 2,5 m, ouvre sur un large couloir conduisant à l'orchestra[B 13],[B 9]. La porte no 2, large de 3 m, conserve encore les traces de scellement de son système de fermeture, tandis que la porte no 3, de même largeur, ainsi que la porte no 4, large de 2,5 m, ont laissé sur le dallage les marques visibles des gonds de leurs grilles[B 13],[B 9]. Les portes no 5 et no 6, plus étroites, paraissent avoir été bouchées postérieurement à l'aide de petits matériaux[B 9].

Depuis l'enceinte du théâtre, la circulation se répartit ensuite entre plusieurs espaces : l'accès direct à la scène s'effectue par la porte no 7, le grand portique est accessible sans détour, le contournement de la cour K s'opère par la porte no 8, un autre accès à la scène est assuré par la porte no 9 et la porte no 10 permet d'atteindre le couloir F', qui débouche lui aussi sur l'orchestra[B 9].

la cavea central du théâtre.

La cavea du théâtre s'inscrit dans une organisation directement déterminée par le relief naturel, l'édifice étant en grande partie taillé dans une colline afin d'assurer sa stabilité et de limiter les coûts de construction[B 7]. Les gradins prennent appui sur un monticule dont les pentes sont aménagées et partiellement nivelées, notamment vers le nord, pour permettre l'implantation du forum et des voies qui le bordent, dont le decumanus maximus et la Rue du Théâtre[B 7]. Du côté de cette dernière, la masse naturelle est soutenue par un important dispositif de maçonnerie constitué d'un massif de blocage encadré par des piles et des chaînes de briques triangulaires, destiné à contenir la coupe abrupte du terrain, traduisant une adaptation précise aux contraintes topographiques et une intégration étroite du théâtre dans la trame urbaine[B 7]. Comme dans les autres théâtres romains, la cavea se compose de plusieurs parties concentriques, appelées maeniana[N 2], organisant la répartition des spectateurs selon un principe hiérarchisé[B 7],[B 15].

Le maeniana du théâtre à Timgad au centre de la photo.

Le premier maenianum, dont la conservation reste partiellement lisible, comprend huit rangs de gradins divisés par cinq escaliers, son diamètre varie d'environ 21 m à la base à 30,5 m au sommet, avec des gradins larges d'environ 0,60 m et des marches d'escalier de 0,30 m[B 15]. Il est surmonté d'un balteus constitué de dalles dressées de champ, encore partiellement conservé[B 15]. Au-dessus s'étend un second maenianum de douze rangs, desservi par des escaliers alternés assurant une circulation régulière, dont le diamètre atteint environ 47,5 m[B 15]. Un troisième maenianum, comprenant cinq à six rangs de sièges et surmonté d'une colonnade formant promenoir, complète l'ensemble[B 15].

La capacité du théâtre peut être estimée à partir du développement des gradins et des espaces annexes[B 20],[B 21]. En retenant une largeur moyenne de 0,50 m par spectateur, les trois marches de l'orchestra pouvaient accueillir environ 144 personnes , tandis que le premier maenianum recevait environ 528 spectateurs, le second 1 472 et le troisième 820, soit un total d'environ 2 964 places sur les gradins[B 20],[B 21]. En y ajoutant les places des tribunalia[N 3] et celles du portique supérieur, la capacité totale devait atteindre au moins 3 500 spectateurs, peut-être davantage, ce qui souligne l'importance du théâtre dans la vie de la colonie et de son arrière-pays[B 21].

l'Orchestra du théâtre à Timgad.

L'orchestra du théâtre se présente comme un espace soigneusement aménagé, pavé de grandes dalles de pierre blanche similaires à celles employées sur le forum, soulignant la continuité matérielle et symbolique entre les principaux espaces publics de la cité[B 14]. Elle est séparée de la première praecinctio par un mur d'appui haut d'environ 1,22 m, constitué de grandes dalles dressées de champ et encastrées dans une feuillure du dallage, maintenues entre elles par des attaches métalliques assurant la cohésion de l'ensemble[B 22].

Orifice à fonction acoustique dans l'Orchestra du théâtre.

Au centre de cette balustrade, un passage est ménagé afin de permettre l'accès direct à la première praecinctio par un escalier axial[B 22]. La présence de feuillures verticales nettement marquées dans les dalles latérales indique que cette ouverture pouvait être fermée par une porte, traduisant un contrôle possible de la circulation entre les différents espaces du théâtre[B 22]. Deux autres accès sont aménagés aux extrémités des gradins, donnant directement sur les couloirs latéraux par de courts escaliers, assurant une distribution fonctionnelle des flux de spectateurs[B 22].

En avant de la balustrade, trois larges marches occupent toute la largeur du fond de l'orchestra[B 22]. Elles constituent des emplacements privilégiés destinés à accueillir les personnages de rang élevé, tels que les officiers de la légion de Lambèse, les patrons de la cité ou encore les magistrats locaux[B 22]. Ces places d'honneur recevaient des sièges distincts de ceux des gradins ordinaires, conformément à un usage attesté à Rome et diffusé dans les villes de province[B 22].

À l'extrémité de la marche supérieure, du côté nord, une base de pierre est installée et consacrée à Mercure[B 22]. L'inscription qui y est gravée indique qu'elle supportait probablement autrefois une image de la divinité, bien que l'absence de traces évidentes sur la surface supérieure de la pierre ne permette pas d'en restituer précisément les modalités d'installation[B 23].

la Pulpitum est gauche de la photo.

Le niveau de l’orchestra est inférieur à celui du pulpitum, conformément à une disposition commune dans les théâtres romains[B 17]. À Timgad, le mur antérieur du pulpitum, construit en briques, est conservé presque intégralement ; il atteint encore une hauteur d’environ 0,75 m et présente une épaisseur de 1 m[B 17]. Sa façade est animée par une série de niches alternativement circulaires et rectangulaires, profondes d’environ 0,65 m, celle du centre étant circulaire[B 17].

Ces niches étaient revêtues de placage, dont de nombreux fragments ont été retrouvés, et ornées d’un petit ordre isolé de colonnettes dont la position peut encore être reconnue[B 17],[B 24]. Le diamètre inférieur des colonnettes est de 0,125 m, et les chapiteaux retrouvés, d'ordre corinthien, suggèrent une hauteur totale d'environ 1,25 m, base et chapiteau compris[B 24],[B 25]. Un entablement finement profilé couronnait cet ordre décoratif[B 25].

Aux deux extrémités du pulpitum, des enfoncements quadrangulaires abritaient des escaliers permettant de passer directement de l’orchestra à la scène[B 25].

Proscaenium et hyposcaenium

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Vue générale du théâtre, montrant à gauche les soubassements du proscaenium.

Le proscaenium, c'est-à-dire le plancher de la scène proprement dit, a disparu[B 18]. Il ne subsiste que ses soubassements, ou hyposcaenium, particulièrement bien conservés[B 18]. Ceux-ci se composent de trois rangées de quatorze piliers carrés, hauts d'environ 0,75 m et espacés de 1,5 m[B 18]. Ces supports recevaient des poutres de bois qui portaient le plancher de la scène[B 18].

Entre la première rangée de piliers et le mur du pulpitum, un espace large d'environ 0,70 m conserve une série de trous rectangulaires ménagés dans des dalles de pierre évidées[B 26]. Leur fonction est mise en rapport avec le mécanisme du rideau, qui devait glisser le long de poteaux en bois introduits dans ces cavités[B 26],[B 27]. La découverte, dans l'une de ces pierres, de débris de bois encore visibles et d'un clou en fer vient appuyer cette interprétation[B 27].

Cette fosse aménagée en arrière du pulpitum remplissait également une fonction comparable à celle de trappes scéniques, permettant l'apparition soudaine de personnages sur la scène[B 27]. Le plancher ne devait donc pas s'avancer au-delà de la première rangée de piliers, laissant entre celle-ci et le mur du pulpitum une tranchée ouverte large d'environ 0,70 m[B 27].

Scaena et postscaenium

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Le mur de scène, ou scaena, a entièrement disparu, de même que les murs des parties accessoires correspondant aux coulisses, ou postscaenium[B 27]. Une levée de terre haute d'environ 1,60 m indique encore la limite extrême du postscaenium[B 27].

Plusieurs indices permettent d'entrevoir la richesse originelle de cette partie de l'édifice[B 11]. De nombreux fragments d'ornementation provenant probablement du mur de scène ont été mis au jour dans les déblais[B 11]. Parmi eux figurent notamment des chapiteaux corinthiens, des fragments de corniche finement sculptés, ainsi que des plaques décorées de compositions géométriques[B 11],[B 28].

Portique postérieur

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Vue d'ensemble de la ville antique, avec le portique postérieur au centre.

Contre le postscaenium venait s'appuyer une longue colonnade entre la scaena et la cour, terminée à chacune de ses extrémités par un escalier de huit marches[B 27],[B 19]. Les colonnes, hautes autrefois de 5,60 m base et chapiteau compris, relèvent de l'ordre ionique et présentent une exécution jugée médiocre, qui pourrait trahir une réparation ou une reprise d'époque plus tardive[B 19].

L'interprétation de ce portique demeure discutée[B 29]. Contrairement à la fonction d'abri pour le public mentionnée par Vitruve à propos de certains théâtres, ses dimensions réduites, moins de 40 m de longueur pour environ 3 m de largeur, et son exposition vers l'ouest rendent peu probable un tel usage à Timgad[B 29]. Il est plus vraisemblable qu'il ait constitué soit une dépendance immédiate du postscaenium, soit un passage couvert permettant d'accéder plus directement à la porte no 10 et au couloir F sur le plan général[B 11].

Inscriptions

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Inscription conservée dans le couloir reliant le forum à l'orchestra du théâtre.

Plusieurs inscriptions découvertes dans les déblais ou remployées dans d'autres constructions permettent d'éclairer à la fois l'histoire monumentale et la chronologie du théâtre[B 12],[B 10]. L'une d'elles, trouvée près de la porte no 2, date de l'année 158 et paraît avoir appartenu à l'une des portes de l'édifice[B 13],[B 9],[B 8].

D'autres fragments, portant notamment les mots PVBLICA et probablement p(ecu)nia, montrent que des éléments du théâtre ont été réemployés dans la forteresse byzantine[B 12],[B 10]. Une grande inscription monumentale, aujourd’hui fragmentaire, peut être restituée au règne conjoint de Marc Aurèle et de Lucius Verus, vers les années 167 à 169[B 10],[B 8]. En raison de sa longueur, elle devait se développer sur une surface étendue, sans doute au-dessus de la colonnade du portique tourné vers la cour[B 8].

Techniques de construction et matériaux

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Le théâtre de Timgad présente une mise en œuvre combinant l'exploitation du relief naturel et des techniques de maçonnerie élaborées[B 7]. La cavea est en grande partie taillée dans la colline, assurant la stabilité de l'édifice et une économie de matériaux[B 7]. Les zones nécessitant un soutien sont renforcées par des substructions en blocage, encadrées de piles et de chaînes de briques triangulaires destinées à contenir les poussées du terrain[B 7].

Les parties construites associent des maçonneries en grand appareil, aujourd'hui en grande partie disparues en raison de récupérations anciennes[B 7]. L'emploi de matériaux de remploi est attesté dans certains aménagements tardifs, notamment par la réutilisation de dalles et de fragments d'inscriptions[B 7]. L'ensemble témoigne d'une adaptation technique aux contraintes topographiques et d'un savoir-faire caractéristique de l'architecture monumentale romaine en Afrique[B 7].

Fonctions et usages antiques

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Alexandre Millerand, président de la République française, en visite au théâtre antique de Timgad en 1922

Le théâtre de Timgad remplit des fonctions multiples, à la fois sociales, politiques et culturelles, caractéristiques des édifices de spectacle dans les villes romaines. L'organisation de l'orchestra et des premiers rangs de la cavea traduit une hiérarchisation stricte des spectateurs, les places les plus proches de la scène étant réservées aux personnages de haut rang, tels que les officiers, les magistrats locaux ou les notables de la cité[B 22].

Les représentations qui s'y déroulent, tragédies, comédies, mimes ou pantomimes, participent pleinement à la vie publique de la colonie[B 13]. Elles sont souvent offertes à l'occasion de dédicaces ou de manifestations civiques, comme en témoigne l'inscription associée à un don en l'honneur de Mercure, liée à l'organisation de jeux scéniques[B 13]. Le théâtre constitue ainsi un espace privilégié d'expression de la générosité des élites locales et de leur rôle dans la vie municipale.

Au-delà de sa fonction de divertissement, l'édifice joue également un rôle dans la diffusion de la culture romaine au sein d'un territoire récemment intégré[B 30],[B 31]. Les spectacles contribuent à familiariser les populations locales avec les formes artistiques, les récits et les références du monde romain, participant ainsi à un processus d'acculturation progressive[B 30],[B 31].

Certains espaces annexes, notamment les zones ouvertes situées à proximité de la scène, servent de lieux de réunion et de circulation pour le public avant les représentations ou durant les interruptions, ce qui souligne l'intégration du théâtre dans les pratiques sociales et urbaines de la cité[B 11].

Décor et éléments sculptés

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Les fouilles ont livré un grand nombre de fragments décoratifs appartenant au théâtre, vraisemblablement issus en grande partie du mur de scène[B 11]. Parmi les éléments les plus remarquables, figurent trois chapiteaux corinthiens, d'une facture assez soignée malgré une ornementation jugée banale, ainsi que plusieurs fragments de corniche finement sculptés[B 11].

D'autres vestiges témoignent d'un décor plus recherché, notamment des plaques de pierre divisées en panneaux et ornées de compositions géométriques associant rosaces, carrés entrecroisés, losanges et motifs en forme de pelta[B 28]. Ces décors rappellent certains répertoires employés dans les mosaïques de pavement.

Le mobilier sculpté comprend également une statue féminine de type romain, retrouvée brisée en plusieurs morceaux dans les déblais de la scène, ainsi qu'un petit fragment de statuette en calcaire de facture plus grossière[B 28],[B 12]. Une plinthe portant l'inscription Genio Pacis provient sans doute d'une statue installée dans une niche circulaire[B 12].

Conservation et état actuel

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État des vestiges

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Escalier axial conservé de la cavea, desservant les gradins du théâtre.

Les vestiges du secteur présentent un état de conservation globalement remarquable, en particulier pour ce qui concerne le réseau viaire associé au théâtre[B 6]. Les chaussées antiques, formées de larges dalles, demeurent presque partout intactes, tout comme les trottoirs qui les bordent, offrant une lecture directe de l'organisation de la circulation dans cette partie de la ville[B 6].

Certains aménagements apparaissent aujourd'hui fortement arasés[B 6]. Les massifs en terre-plein qui longent la Rue du Théâtre ne subsistent plus qu'à l'état de structures nivelées, à peine perceptibles au-dessus du sol actuel, ce qui rend leur interprétation plus délicate malgré leur identification comme éléments bâtis liés à l'occupation antique[B 6].

L'état de conservation des vestiges s'explique en partie par l'enfouissement ancien du site : au moment des premières fouilles, le niveau antique se trouvait profondément recouvert, ce qui a contribué à préserver les structures tout en en compliquant initialement la reconnaissance[B 6].

Dans le secteur de la cavea, les fouilles révèlent d'importantes altérations liées aux occupations postérieures : un creusement central, interprété comme un silo, a partiellement détruit le dallage de l'orchestra et entraîné l'installation d'aménagements sommaires en matériaux de remploi[B 7] ; les accès sont également transformés, l'entrée nord étant obstruée, tandis que la zone de la scène apparaît très dégradée, marquée par la récupération des élévations et l'accumulation d'éléments architecturaux dispersés[B 7].

Les parties supérieures de la cavea présentent un état de conservation beaucoup plus lacunaire. Le second maenianum a perdu l'essentiel de ses gradins, dont il ne subsiste plus que des traces sous forme de bandes circulaires de blocage, permettant néanmoins de restituer leur disposition originelle[B 15]. Le troisième niveau a presque entièrement disparu aujourd'hui : subsistent les soubassements en blocage et en briques de la structure supérieure, le reste a été détruit ou récupéré, il ne demeure pratiquement aucun élément en élévation[B 15].

Protection patrimoniale

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Le théâtre de Timgad, faisant partie du site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982, bénéficie d'un cadre de protection international[24].

Sa protection relève de la législation algérienne sur le patrimoine culturel, notamment la loi no 98-04, ainsi que des dispositifs d'aménagement encadrant le site et ses abords[24],[25],[N 4]. Un Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur (PPMVSA) définit les modalités de conservation et d'intervention[24].

La gestion est assurée par l'Office national de gestion et d'exploitation des biens culturels protégés (OGEBC), en coordination avec les autorités locales[24]. La conservation du théâtre prend en compte les impacts de la fréquentation touristique et des dégradations matérielles[24].

Notes et références

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  • Notes
  1. L'appellation « Rue du Théâtre » apparaît dans l'ouvrage d'Émile Boeswillwald, René Cagnat et Albert Ballu, Timgad, une cité africaine sous l'Empire romain : Le Forum (Paris, Ernest Leroux, 1905).
  2. Les maeniana constituent les trois divisions horizontales superposées des gradins, organisant la cavea en niveaux distincts.
  3. Les tribunalia désignent des tribunes d’honneur aménagées dans la cavea, réservées aux magistrats et aux personnalités de haut rang lors des spectacles
  4. La loi algérienne no 98-04 relative à la protection du patrimoine culturel définit le patrimoine national comme l'ensemble des biens culturels immobiliers, mobiliers et immatériels hérités des différentes civilisations, et fixe les règles de leur protection, sauvegarde et mise en valeur. Elle institue des mécanismes de classement, de création de secteurs sauvegardés et de délimitation de zones de protection, imposant des restrictions sur l'usage, les transformations et les travaux susceptibles d'affecter les biens protégés. Toute intervention, notamment les restaurations et les fouilles archéologiques, est soumise à autorisation afin de garantir la conservation et l'authenticité des sites, tandis que l'aménagement du territoire doit intégrer la préservation des abords et du paysage historique. La gestion du patrimoine relève de l'État à travers le ministère de la Culture et des organismes spécialisés, qui disposent de moyens d'intervention et de contrôle, tandis que la loi prévoit des obligations pour les propriétaires et des sanctions en cas de dégradation ou de destruction. Enfin, elle associe protection et valorisation en encourageant la recherche, la diffusion et l'exploitation culturelle et touristique du patrimoine dans une perspective de conservation durable
  • E.Boeswillwald, R.Cagnat, A.Ballu, Timgad, une cité africaine sous l’Empire romain : Le Forum, Paris, Ernest Leroux, 1905
  1. a et b Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. ii–iv.
  2. a et b Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. iv.
  3. Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 349.
  4. Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. v.
  5. Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. iv–v.
  6. a b c d e f g h i j k l et m Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 94.
  7. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad et ae Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 95.
  8. a b c d e et f Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 115.
  9. a b c d e f g h i et j Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 101.
  10. a b c d e f et g Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 113.
  11. a b c d e f g h i j et k Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 110.
  12. a b c d et e Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 112.
  13. a b c d e f g h i j k l m n et o Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 100.
  14. a b c et d Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 97.
  15. a b c d e f g h et i Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 96.
  16. a b c d e f g et h Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 102.
  17. a b c d et e Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 103.
  18. a b c d et e Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 106.
  19. a b et c Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 109.
  20. a et b Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 117.
  21. a b et c Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 118.
  22. a b c d e f g h et i Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 98.
  23. Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 99.
  24. a et b Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 104.
  25. a b et c Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 105.
  26. a et b Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 107.
  27. a b c d e f et g Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 108.
  28. a b et c Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 111.
  29. a et b Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 109-110.
  30. a et b Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 119.
  31. a et b Boeswillwald, Cagnat et Ballu 1905, p. 120.
  • Autres sources
  1. CIL VIII, 2355 =17842 et 17843
  2. a et b Henriette Doisy, La politique municipale de l'empire romain en Afrique proconsulaire de Trajan à Septime-Sévère, vol. 65, Mélanges d'archéologie et d'histoire, (lire en ligne), p. 96-101.
  3. Paul Corbier, Timgad, son développement urbain, ses notables : Urbanisme et urbanisation en Numidie militaire (Actes du colloque organisé les 7 et 8 mars 2008 par l'université Lyon 3, Paris, Agnès Groslambert, , p. 182
  4. Albert Ballu, Les ruines de Timgad, Paris, Ernest Leroux, , 301 p. (lire en ligne), p. 95.
  5. Morizot 1994, p. 231-233.
  6. Ballu 1905, p. 4-5.
  7. Philippe Lamarque, Les très riches heures de l'Algérie de l'Antiquité à la Belle Epoque, Sommières, (ISBN 2843501385), p. 17
  8. Ballu 1905, p. 9-10.
  9. Morizot 1994, p. 232-236.
  10. Serge Lancel, L'Algérie antique, Paris, Sommières, , 259 p. (ISBN 2844591914), p. 112-114.
  11. André Chastagnol, L'album municipal de Timgad, vol. 22, Bonn, Hablet, , 109 p. (ISBN 3774913919, lire en ligne), p. 89.
  12. Courtois Christian, Timgad: antique Thamvgadi, Imprimerie Officielle, , 103 p. (lire en ligne), p. 20
  13. a b et c Paul Monceaux, Journal des savants  : Timgad chrétien d'après les dernières fouilles, vol. 10, (lire en ligne), chap. 2, p. 55-62
  14. a et b Albert Ballu, Les ruines de Timgad (antique Thamugadi): Sept années de découvertes (1903-1910), Paris, Neurdein Frères, , 186 p. (lire en ligne), p. 32
  15. Morizot 1990, p. 1106.
  16. Courtois Christian, Timgad, Société nationale des entreprises de presse, , 8 p. (lire en ligne), p. 1-8
  17. Pierre Morizot, recherches sur les campagnes de Solomon en Numidie méridionale (535-539), vol. 137, CRAI, (lire en ligne), chap. 1, p. 83-106.
  18. Morizot 1990, p. 1106-1180.
  19. Paul-Albert Février, Approches du Maghreb romain pouvoirs, différences et conflits, vol. 1, Aix en Provence, Edisud, coll. « études massalie », (ISBN 9782857444039), p. 72-73.
  20. a et b Anissa Yelles, Archives croisées d’Albert Ballu à Timgad : étude spatiale de la ville et de ses fouilles [« Albert Ballu’s Crossed Archives at Timgad: A Spatial Study of the City and Its Excavations »], Les frontières du travail, (DOI 10.4000/135oc, lire en ligne)
  21. Hadjer Guenanfa, « Le problème du site archéologique résolu », L'Expression,‎ (ISSN 1112-3397, lire en ligne)
  22. « Le festival international de Timgad n'inquiètera plus le site archéologique », Algérie Presse Service,‎ (lire en ligne)
  23. A. N., « Timgad : Le nouveau théâtre abritera le prochain festival », El Watan,‎ (ISSN 1111-0333, lire en ligne)
  24. a b c d et e « Timgad », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial (consulté le ).
  25. (ar) « Loi no 98-04 relative à la protection du patrimoine culturel », sur WIPO Lex (consulté le )

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Bibliographie

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Ouvrages généraux ou sur le site archéologique

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  • Albert Ballu, Timgad : une cité africaine sous l'Empire romain : Introduction, Paris, Ernest Leroux, , 493 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Pierre Morizot, Encyclopédie Berbère. Gabriel Camps (dir.) : Aurès, vol. 8, Aix-en-Provence, Edisud, (ISBN 2857444613, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Pierre Morizot, Timgad et son territoire », dans Yann Le Bohec dir : L'Afrique, la Gaule, la religion à l'époque romaine. Mélanges à la mémoire de Marcel Le Glay., Bruxelles, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Ouvrages sur le théâtre

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