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Réceptions de l'Antiquité

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L'Antiquité est devenue une référence après sa fin et a fait l'objet de réceptions suivant différentes modalités. Cela concerne au premier chef l'Antiquité gréco-romaine (« classique ») et la civilisation occidentale, pour des questions d'héritage et de continuités. Mais la redécouverte d'autres périodes antiques et la diffusion des connaissances entre civilisations ont élargi le champ de ces réceptions.

Terminologie et contours

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L'étude de l'histoire antique s’appuie grandement sur l'étude d'objets du passé antique (inscriptions, œuvres d'art, objets divers, ruines de bâtiments, etc.) et leur recherche et leur découverte constituent un aspect essentiel de la discipline. L'intérêt des humains pour les choses de leur passé lointain est présent dès l'Antiquité : des pharaons et prêtres égyptiens comme des monarques et savants babyloniens exhument des inscriptions de leurs aïeux, les copient et en analysent les caractéristiques ; des érudits chinois de la fin de l'Antiquité et d'après s'intéressent aux vases en bronze des premières dynasties, analysent leurs formes et inscriptions, et éditent et commentent les illustres auteurs du passé ; une même attitude envers les choses anciennes s'observe dans la Grèce et la Rome antiques (notamment dans les Antiquités de Varron), où on forge deux mots pour désigner les érudits s'adonnant à ces recherches : antiquitates et antiquarius, « antiquaire ». La caractéristique commune de ces hommes dans ces différentes civilisations sont d'être « des lettrés, capables de déchiffrer les écritures anciennes et qui collectionnent, souvent avec acharnement, des objets inscrits qu'ils s'efforcent, parfois avec succès, de dater et d'interpréter. » (Alain Schnapp). L'humanisme de la Renaissance européenne se caractérise par un intérêt nouveau pour les choses antiques, et donne un essor aux antiquaires. Elle concerne en priorité l'Antiquité gréco-romaine, mais s'étend aussi au passé des autres régions d'Europe, du Moyen-Orient et même de l'Amérique précolombienne que l'on découvre alors. Les antiquaires effectuent des classements typologiques des objets (monnaies, armes, inscriptions, éléments architecturaux, etc.), certains conduisent des fouilles qui préfigurent l'archéologie, et cherchent à dater et interpréter ce qu'ils découvrent[1]. Selon l'évolution tracée par A. Momigliano, c'est de la confrontation des travaux des historiens et des antiquaires que naît l'histoire antique, discipline fondée sur une confrontation entre sources écrites et vestiges matériels, soumis à une analyse critique de plus en plus pointilleuse afin de pouvoir mieux les exploiter pour produire un discours historique[2],[3],[4].

La présence de l'Antiquité en Europe se manifeste par plusieurs éléments : la présence des ruines grecques et romaines, et encore plus de nombreux bâtiments dont l'architecture est marquée par l'inspiration gréco-romaine (y compris en Amérique et dans d'autres anciennes colonies européennes), l'alphabet qui y est majoritairement employé est « latin », c'est-à-dire dérivé du romain, tandis que de nombreux musées ont des objets de ces époques ; les motifs et références repris de l'histoire ou de la mythologie antique sont courants dans les créations littéraires, musicales, visuelles, etc. Pour ce qui est moins tangible, l'organisation et les principes politiques font souvent référence à l'héritage antique (notions de démocratie, république, sénat, citoyenneté, etc. qui ont certes beaucoup évolué), également dans le domaine juridique et bien d'autres, le latin est longtemps resté la langue liturgique (chez les Catholiques) et aussi savante de l'Europe occidentale, etc.[5]. Certaines grandes figures de l'Antiquité ont fait l'objet de nombreuses perceptions différentes au cours des périodes postérieures, comme Alexandre le Grand, qui a présenté de nombreux visages bien différents selon les lieux et les époques[6].

Plus largement, il en va de même pour l'Antiquité, regardée de manières bien différentes selon les époques. Les deux civilisations de l'Antiquité « classique » ont constitué durant toute l'histoire postérieure de l'Occident une référence incontournable, une source inépuisable de modèles, idéalisés ou critiqués, sans cesse réinterprétés et discutés, dans un mouvement de va-et-vient entre l'ancien et le moderne. Ce qui est souvent présenté comme un « héritage », une « transmission », s'analyse en effet plutôt comme une « réception », voire une « appropriation » du point de vue de la société du présent qui se tourne vers son modèle « classique » du passé. De ce fait, il peut être considéré que « depuis l'Antiquité, le discours sur le « classique » a fonctionné de cette manière afin de légitimer un ordre social et un ensemble d’institutions, de croyances et de valeurs qui sont communément associés à la civilisation occidentale et à « notre » héritage culturel occidental. » (Seth Schein)[7].

Réceptions de l'Antiquité occidentale

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Après la fin de l'Antiquité, l'hellénisme est essentiellement préservé dans l'empire byzantin, qui est de langue grecque, certes plus proche du grec moderne que du dialecte attique des auteurs classiques, qui n'est connu que dans les milieux savants. Le travail de copie des IXe – Xe siècles, est crucial pour la préservation des œuvres antiques, les choix opérés à cette période dictant en grande partie le corpus de textes de langue grecque antique qui sont connus de nos jours ; au-delà des textes littéraires les plus prestigieux (Homère, Hésiode, tragiques), le choix s'est plus porté vers la philosophie et la science, aussi les historiens hellénistiques et romains. Les textes apparaissant dans les catalogues des savants des XIe – XIIe siècles ont quasiment tous été préservés jusqu'à nos jours. Le platonisme est en vogue, mais par ses origines païennes il pouvait éveiller des suspicions. Avec la reprise des échanges culturels avec l'Occident à partir du XIVe siècle, les textes grecs préservés à Byzance vont y être transmis[8].

Dans le monde musulman médiéval, l'hellénisme sert de modèle architectural et artistique (les « arabesques »), mais à travers le modèle de l'Empire romain oriental, Alexandre le Grand et son professeur Aristote sont des sujets littéraires, et les textes de savants grecs sont traduits en arabe et étudiés (en particulier à Bagdad sous les premiers Abbassides), par exemple Aristote chez Avicenne et Averroès, la philosophie islamique, falsafa, dérivant de celle des Grecs, de même que d'autres disciplines (médecine, astronomie)[9].

Dans l'Occident médiéval, la préservation des textes latins antiques est largement issue des travaux de copie de l'époque carolingienne, au IXe siècle, période durant laquelle on porte un intérêt à l'histoire romaine, notamment dans le but de tracer une continuité entre l'Empire romain et le nouvel empire fondé par la dynastie franque[10]. Durant les phases médiévales européennes des légendes reposant sur des traditions antiques circulent, tels le Roman d'Alexandre, ou divers mythes en lien avec la guerre de Troie. Les savants médiévaux occidentaux sont de langue latine et rares ceux qui s'aventurent dans l'apprentissage du grec, les œuvres grecques, telles que celles de Homère et d'Aristote, y étant connues par des traductions latines. Pour ce qui concerne les auteurs latins, les goûts changent : Virgile est apprécié durant le Haut Moyen Âge, puis Horace, et Ovide durant le Bas Moyen Âge. Des trois « renaissances » médiévales, carolingienne, ottonienne et du XIIe siècle, la dernière donne lieu à la copie de nombreux manuscrits de textes antiques, aussi à la rédaction de romans adaptés de textes antiques (Le Roman de Thèbes) et d'autres œuvres ayant des modèles antiques, ce qui indique que la culture gréco-romaine y a bien un statut de « classique »[11].

Renaissance

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Bacchus de Michel-Ange (1497), Musée national du Bargello, Florence.

Au XIVe siècle des érudits italiens (en premier lieu Pétrarque) se lancent dans un processus de redécouverte de l'Antiquité, vu comme une nécessité pour l'épanouissement culturel. Il s'agit donc dans leur esprit de la faire renaître, d'où le nom de Renaissance donné à la période de l'histoire occidentale qu'ils ouvrent (qui est la première à avoir été désignée ainsi, les renaissances médiévales étant conceptualisées plus tard sur son modèle). C'est donc un processus conscient visant à étudier le passé antique, à redécouvrir ses œuvres, et en cela l'apport des Byzantins (Jean Bessarion, Jean Lascaris) sera essentiel puisqu'il implante à nouveau l'étude du grec classique en Occident. Cela donne notamment un essor au platonisme (très peu connu par des textes en latin), alors que l'aristotélisme primait durant l'époque médiévale. En plus de la différence de degré dans l'étude des textes antiques par rapport à l'époque médiévale, il y a clairement une différence de diversité puisque les modèles antiques sont aussi recherchés dans l'art et l'architecture (Michel-Ange, Raphaël, Brunelleschi, Bramante, etc.). Les acteurs de ce phénomène sont les « Humanistes », certes loin d'être cantonnés à l'étude de l'Antiquité, mais tous versés dans une certaine mesure dans l'étude des langues antiques et des classiques. Le degré de révérence qu'il fallait avoir à l'égard des textes antiques ne faisait pas consensus, un premier avatar la querelle des Anciens et des Modernes, autour de savoir s'il est possible de dépasser les modèles classiques. Quoi qu'il en soit, en pratique il ne s'agit pas d'une simple imitation mais d'une appropriation et de la mise au point d'une nouvelle culture. Le christianisme reste en effet d'un poids primordial dans la vie intellectuelle du temps (a fortiori à partir du début de la Réforme), et l'imprimerie permet une diffusion du savoir bien plus large que par le passé, plus largement le monde de la première « modernité » qui se met en place détermine largement les conditions de cette « renaissance » de l'Antiquité[12].

Europe moderne et contemporaine

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Fontaine des Quatre-Fleuves, avec obélisque d'inspiration égyptienne. Rome, Le Bernin (1651).

L'époque baroque, après le concile de Trente (achevé en 1563) et au XVIIe siècle, qui est avant tout définie par ses aspects artistiques, propose une nouvelle manière d'explorer le passé antique, en simplifiant les approche des artistes de la Renaissance, tout en préservant une esthétique de modèle classique mais en la faisant évoluer. Cela est visible dans des manières différentes chez des grandes figures de la période telles que Caravage, Le Bernin et Borromini. L'inspiration antique intègre en plus des modèles égyptiens (Fontaine des Quatre-Fleuves du Bernin), qui font l'objet de recherches par Athanasius Kircher (qui a plus largement un tropisme « orientaliste » ou « exotique »), aussi des modèles étrusques, et les recherches antiquaires s'étendent à ces civilisations. En France, l'imagerie entourant le « Roi Soleil » est d'inspiration antique, Louis XIV est également présenté comme un nouvel Auguste, et ce pays revendique son statut de nouveau foyer de l'architecture « classique » (classicisme). Les modèles antiques sont courants aux côtés des thèmes religieux chez les grands peintres européens de la période (Poussin, Velazquez, Rubens, etc.)[13].

Du point de vue littéraire, le classicisme ou néo-classicisme qui émerge en France au XVIIe siècle invoque des modèles antiques, partant notamment du principe que l'imitation est le fondement de la création artistique, et s'inspirant des auteurs antiques dans ses réflexions sur les règles de l'art, le génie artistique, la bienséance. Ainsi Boileau s'inspire pour ses satyres de Horace et Juvénal, et Alexander Pope fait de même. C'est à cette période que la querelle des Anciens et des Modernes bat son plein, initiée par Charles Perrault qui dénigre la qualité des grands auteurs antiques, suscitant des répliques de Boileau, Racine et La Fontaine, et le débat se retrouve en Angleterre. Au XVIIIe siècle, les grandes figures des Lumières ont toutes des connaissances dans les savoirs antiques, même s'ils paraissent éloignés de leurs prises de positions les plus importantes (anticléricalisme, esprit scientifique, esprit critique) qui en font des personnalités résolument « modernes ». Cela ressort par exemple dans la poésie de Voltaire, très reconnue de son temps, même si elle est par la suite passée en arrière-plan face à son œuvre de Lumière[14]. Le XVIIIe siècle voit se produire une réévaluation des textes homériques, dont on loue le style poétique « primitif », le fait que ce seraient plus des ballades que des épopées, ce qui participe plus largement à un mouvement de redécouverte et de valorisation des récits « folkloriques » oraux, de la poésie médiévale des ménestrels et troubadours dont Homère serait le prédécesseur. Se développe aussi à son propos une approche critique qui finit par considérer que plusieurs personnes se cachent derrière la figure de Homère[15].

Dans l'Italie de la seconde moitié du XVIIIe siècle et du tournant du XIXe siècle, l'exploration archéologique de Rome et des sites d'époque romaine (Pompéi, Herculanum) connaît un essor, attirant des visiteurs depuis toute l'Europe, tandis que l'inspiration antique éveille la créativité des artistes (le sculpteur Antonio Canova, l'auteur de théâtre Vittorio Alfieri, l'écrivain et philosophe Giacomo Leopardi). Puis le Risorgimento invoque à son tour des références romaines, qui sont encore plus affirmées durant le régime de Mussolini qui percevait son régime comme une rénovation de la grandeur de la Rome antique (voir plus bas). Le cinéma italien d'après 1945 est marqué par l'essor des péplums, d'autant plus que les films hollywoodiens relevant de ce genre pouvaient être tournés dans le pays. Les inspirations classiques marquent aussi la filmographie et l’œuvre littéraire de Pier Paolo Pasolini[16].

Durant la Révolution française et l'Empire français, les références antiques sont constantes, la République romaine et la démocratie athénienne faisant partie des modèles politiques alternatifs invoqués pour tourner le dos à la royauté. L'art également s'inspire beaucoup de l'Antiquité, à laquelle sont empruntés des symboles (le bonnet phrygien par exemple). Par la suite l'intérêt pour les œuvres classiques antiques ne se tarit pas en France, et connaît même un regain au XIXe siècle. L'importance de l'enseignement du grec et du latin, au moins jusqu'au milieu du XXe siècle, fait que le passé classique reste une source d'inspirations pour de nombreux artistes (Jean Giraudoux, Jean Anouilh, Jean Cocteau, etc.)[17].

Dans les pays de langue allemande, Johann Joachim Winckelmann a introduit divers éléments de poétiques grecques, et en grande partie forgé la vision de l'Antiquité classique des générations qui le suivent, par exemple chez Herder et Goethe qui ont également réfléchi sur ces époques et leurs arts. Par la suite se met en place l'école historique allemande, aux côtés d'autres universitaires et « archéologues » qui jouent un rôle fondateur dans la mise en place de l'étude de l'histoire ancienne (Mommsen, Schliemann, etc.), alors que d'autres procèdent à une réflexion relativisant le prestige de l'Antiquité grecque (Bachofen, Burckhardt). Chacun à leur manière, Marx et Nietzsche puisent aussi dans l'Antiquité pour développer leurs réflexions, eux aussi avec une approche moins glorifiante pour cette période, et leurs réflexions joueront un rôle très important dans l'étude de l'histoire et de la philosophie antiques après eux. Les inspirations classiques se retrouvent dans la peinture et également l'opéra de l'époque. Au début du XXe siècle les études classiques connaissent un déclin, qui atteint son maximum durant l'époque nazie, malgré les modèles antiques revendiqués par ce régime (Sparte, République romaine, architecture monumentale). Dans le milieu savant, les références antiques perdurent, chez les philosophes, poètes et auteurs de pièces de théâtre, et aussi en psychologie avec Freud et son fameux « complexe d'Oedipe »[18].

Les Roses d'Héliogabale (1888), par Lawrence Alma-Tadema. Mexico, Collection Juan Antonio Pérez Simón.

Dans l'Angleterre victorienne, les références antiques se retrouvent dans l'art (ruines antiques peintes par Turner, scènes antiques chez Alma-Tadema), en littérature où Homère est préféré à Virgile, et jusqu'au sommet de l'État, William Gladstone faisant des études sur la littérature antique[19]. A contrario dans l'architecture les inspirations classiques sont moins prégnantes, peut-être parce qu'elles rappellent les tendances présentes chez les rivaux de la Rome papale et de la France napoléonienne[20].

États-Unis

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Le Capitole de l'État de Virginie (1785-1788), Richmond, de style palladianiste et néo-classique, inspiré de la Maison Carrée de Nîmes.

Aux États-Unis, les études classiques restent importantes dans le cursus scolaire et universitaire au moins jusqu'au milieu du XXe siècle. Les modèles classiques sont invoqués dans les débats politiques dès avant la période révolutionnaire et l'indépendance, et cela se prolonge par la suite. Plus largement les Pères fondateurs s'inspirent en partie des modèles politiques antiques pour forger le nouveau système politique, par exemple le fédéralisme. George Washington a été la figure américaine la plus classicisée, comparé à Cicéron et surtout à Cincinnatus, ayant répondu à l'appel de la nation malgré ses aspirations à une vie rurale calme. L'inspiration de l'architecture classique est très forte après l'indépendance, servant de modèle pour les capitoles (celui de Richmond dérivant de la Maison Carrée de Nîmes), et plus largement le programme architectural de Washington, la nouvelle capitale, également dans des universités. Durant le débat sur l'abolition de l'esclavage, alors que les abolitionnistes invoquent l'égalité entre hommes proclamée dans la Bible, les esclavagistes trouvent dans la hiérarchie sociale grecque, et dans les écrits d'Aristote en particulier, des arguments pour défendre leur position. Dans la fin du XIXe siècle, les universités se dotent de départements d'études classiques de qualité, alors qu'elles en manquaient jusqu'alors, et des musées constituent des collections d'art antique. Dans la littérature, les poètes américains écrivent beaucoup sur des thèmes classiques, et l'Antiquité sert d'inspiration à des romans à succès, en particulier Ben-Hur de Lew Wallace (1880)[21].

Autres régions du monde

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De plus, avec l'influence qu'a eu la civilisation occidentale à l'époque contemporaine, l'héritage de l'Antiquité classique et ses continuités peuvent se retrouver dans d'autres civilisations[22].

Dans les pays arabes, une partie de la production savante grecque avait été traduite dès l'ère médiévale, et certains textes d'auteurs grecs ne sont connus que par leur traduction arabe, la version originale ayant été perdue. Néanmoins cela n'a pas concerné les textes relevant plus des « belles-lettres » (épopées, théâtre, poésie), les épopées homériques, seuls des extraits et résumés des épopées homériques ayant été traduits. Les études classiques en arabe sont initiées au Caire au début du XXe siècle et se diffusent dans les grandes universités égyptiennes, et donnent lieu à une systématisation des traductions de textes[23].

En Afrique subsaharienne moderne, la mythologie et la tragédie grecques ont pu servir d'inspiration à différentes œuvres littéraires, notamment chez des auteurs de théâtre réinterprétant les histoires d'Antigone et d'autres sous un angle politique[24].

La culture de la Grèce antique a également été intégrée dans le milieu intellectuel du Japon à compter de l'ère Meiji (1868-1912)[25].

Tourisme et collections

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Sarcophage représentant un combat d'Amazones, IVe siècle, découvert à Soles (Chypre) en 1557, musée d'Histoire de l'art de Vienne.

Avec l'exploration des sites antiques, des objets sont retrouvés et accueillis dans des musées, ouverts au public, et c'est par ce biais que beaucoup ont un contact avec les civilisations antiques. En Europe, ils mêlent des trouvailles locales ou nationales, surtout là où l'Empire romain s'est étendu par le passé, ou alors des objets mis au jour dans d'autres pays, lors de fouilles archéologiques, ou encore à la suite d'achats. Ainsi le musée d'Histoire de l'art de Vienne, ouvert en 1891, comprend des objets réunis par la dynastie Habsbourg, provenant notamment du site voisin de Carnuntum, et d'autres des anciennes provinces de Pannonie et de Norique, mais aussi un sarcophage en marbre d'époque grecque classique, originaire de Chypre et acheté au XVIe siècle par les Fugger, riche dynastie de banquiers, des objets d'arts et momies égyptiens achetés par les Habsbourg, etc. Des exemples similaires se retrouvent dans les grands musées européens. Ce processus passe aussi par des déprédations et pillages, à la suite de conquêtes militaires (notamment la prise de Rome par les armées napoléoniennes). Au XIXe siècle, les élites anglaises, imitées par celles d'autres pays, développent également leur goût pour l'Antiquité classique lors du Grand Tour, qui les amène sur les ruines romaines en Italie, ce qui donne progressivement lieu au développement du tourisme. L'accumulation d’œuvres antiques est un signe de prestige aussi bien chez les familles royales que les élites. Les musées deviennent une forme d'appropriation de l'Antiquité, en tant que passé national ou plus largement témoin de civilisations dont on se proclame héritier[26]. En effet en Europe l'Antiquité gréco-romaine est partout vue à des degrés divers comme un élément de l'histoire et de l'identité, ce qui sert de justification pour la possession d'objets de ces civilisations venus d'autres pays, mais vue comme un héritage culturel propre, voire universel. Cela engendre des tensions avec les pays d'où ces objets ont été emportés, où sont invoqués le privilège de l'histoire nationale, comme l'illustre, entre beaucoup d'autres, le cas de la frise du Parthénon d'Athènes, exposée à Londres et réclamée par la Grèce[27].

Antiquité et identités modernes

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Les civilisations antiques font partie des éléments couramment mobilisés dans les identités nationales et ethniques modernes, donnant lieur à diverses appropriations et parfois des disputes.

La Grèce et l'Italie ont chacune constitué leur État-nation au XIXe siècle en se reposant en bonne partie sur leur passé antique. Cela est assez clair dans le choix de leurs capitales, Athènes et Rome, les deux pôles du monde classique. Dans le cadre de la « Grande Idée », la Grèce devait en fait être construite autour d'Athènes, vue comme le centre du monde grec classique (et à cette époque une ville modeste), et de Constantinople, centre du monde grec chrétien (et à ce moment capitale de l'empire ottoman), qui devait être la capitale d'un État réunissant tous les Grecs, mais l'échec de conquête de la ville a coupé court à cette ambition[28]. En Italie, Rome était au moment de l'unification la capitale de la Papauté, qu'il a fallu dominer pour unifier le pays, mais son prestige était tel qu'elle fut choisie comme capitale. Et aussitôt après leur établissement les États grecs comme italien ont mis en place des lois et institutions visant à contrôler les fouilles archéologiques et à conserver dans le pays un maximum d'objets antiques trouvés sur leur sol. En Grèce la volonté de connecter le passé au présent est nettement plus prononcée, et se retrouve jusque dans le choix des noms des provinces, souvent repris des régions antiques[29].

En Italie, la référence à la Rome antique est surtout prononcée dans la première moitié du XXe siècle, d'abord avec la conquête de la Libye, présentée comme une nouvelle guerre punique, et surtout durant le régime fasciste de Mussolini. Ce régime doit son nom aux faisceaux (fasci) symbolisant l'autorité d'un magistrat romain antique, et il met en place un nouveau système de datation partant de la restauration des faisceaux (Fascibus Restitutis), à compter de 1922, année de sa prise de pouvoir. Il s'agit alors de reproduire et dépasser la gloire de la Rome impériale. Cela passe par une mise en valeur des sites archéologiques de Rome, à commencer par le Forum antique et le mausolée d'Auguste, travaux qui se font au prix de la destruction de constructions postérieures, lors de la construction de la Via dei Fori Imperiali. Le Foro Italico est édifié sur le modèle des forums impériaux antiques[30].

Statue de Vercingétorix, par Auguste Bartholdi (1903), Clermont-Ferrand.

En France, le Second Empire de Napoléon III s'est tourné vers les Gaulois, choix qui se situe dans la continuité de la période révolutionnaire, durant laquelle on avait trouvé dans les Gaulois des ancêtres alternatifs aux Francs, qui avaient contre eux le fait qu'ils étaient invoqués par la noblesse française comme ses ancêtres. Napoléon III patronne les fouilles du site d'Alésia, et l'érection de statues de Vercingétorix, présenté comme un héros national. Cela n'empêchait du reste pas l'empereur de considérer l'invasion romaine comme un événement fondateur, qui avait apporté à la France sa civilisation[31].

En Allemagne au début de l'unification, cette même ambivalence se retrouve : l'empereur est Kaiser (César), référence explicite à Rome, et on fouille et met en valeur le fort romain de la Saalburg, occupé par les armées frontalières de l'époque impériale ; mais on honore là aussi un héros germain de la résistance à l'invasion romaine, Arminius, vu comme une figure de la grandeur allemande[32].

Statue monumentale d'Alexandre le Grand, renommée statue du guerrier à cheval, à Skopje, capitale de Macédoine du Nord.

Les tensions que peuvent engendrer ces questions d'appropriation du passé antique se sont vues dans le litige ayant opposé la Grèce à l'État de l'ex-Yougoslavie appelé Macédoine, après l'indépendance de ce dernier, qui s'est accompagné de l'incorporation de symboles issus de la Macédoine antique (le soleil de Vergina figurant sur son drapeau, aéroport international Alexandre le Grand à Skopje). Ce pays étant lui-même divisé entre plusieurs entités ethniques, notamment une majorité de langue slave et chrétienne orthodoxe, et une importante minorité de langue albanaise et de religion musulmane, cette référence au passé lointain était perçue comme un moyen de transcender les divisions récentes et actuelles. De son côté la Grèce revendiquant être la seule à pouvoir prétendre à un héritage macédonien, elle s'est opposé à ce qu'un État indépendant prenne son nom, d'autant plus que ses provinces septentrionales sont également désignées comme Macédoine. Elle s'est à son tour mise à utiliser des symboles liés à la Macédoine antique (pièces de monnaie à l'effigie d'Alexandre et du soleil de Vergina)[33]. Après avoir été connue sous le nom d'« ancienne république yougoslave de Macédoine », cet État a adopté en 2019 avec l'accord de la Grèce le nom de Macédoine du Nord.

En Israël, l'identité nationale s'est construite sur le fondement du texte biblique, dans le but de revenir dans la Terre promise par Dieu à Abraham, avec aussi la référence de la conquête du pays après le retour de l'Exode, et dans bien des cas de reconstituer un État reprenant les limites de celui de Salomon, tel qu'il est décrit dans la Bible. Cela suscite des débats autour de l'interprétation des découvertes archéologiques, entre positions « maximalistes » plus proches du texte biblique, qui ont longtemps occupé le devant de la scène et dont les découvertes ont pu servir à consolider le récit national, et « minimalistes », qui prennent plus d'importance depuis les années 1980, qui déconstruisent les mythes fondateurs présents dans le texte biblique. Ces débats ont une résonance politique, mais l'approche critique n'a pas vraiment d'incidence dans l'imaginaire et l'identité israélienne, l'archéologie étant moins invoquée que par le passé pour légitimer le lien entre les Juifs et le pays d'Israël[34].

Dans les pays musulmans du Moyen-Orient, l'identité est très marquée par la religion et les civilisations antiques ne sont évoquées que secondairement. Cela n'empêche pas des récupérations du passé antique à des fins d'affirmation nationale. Ainsi en Iran l'empire achéménide et son illustre fondateur Cyrus II ont souvent été mobilisés par les chefs de gouvernements comme modèles pour la grandeur du pays[35]. Chez les Kurdes, le discours sur l'identité ethnique s'est construit au XXe siècle en incluant à plusieurs reprises la revendication d'un passé antique remontant jusqu'aux Mèdes[36]. En Irak, pays comprenant plusieurs communautés au passé souvent conflictuel, l'Antiquité mésopotamienne pré-islamique a fait l'objet des attentions du régime baasiste qui y voyait une référence fédératrice, en particulier sous Saddam Hussein qui fait reconstruire plusieurs monuments de Babylone, se présentant comme un continuateur de Nabuchodonosor II[37]. Les communautés chrétiennes de ce pays ont pris pour nom à l'époque moderne (et sous l'influence européenne) celui de peuples antiques de la Mésopotamie, Assyriens et Chaldéens[38].

En Afrique, la réaction au discours traditionnel des études classiques comme fondement de la civilisation occidentale a soulevé des critiques contre leurs aspects impérialistes et racistes, ou du moins jugés comme tels. Une tendance chez certains universitaires d'Afrique subsaharienne a été l'afrocentrisme, développé à la suite du sénégalais Cheikh Anta Diop, qui a présenté l'Afrique, et plus spécifiquement l’Égypte antique, comme l'origine de la pensée rationnelle grecque et plus largement de nombreux aspects généralement attribués à la civilisation occidentale[39]. Cela dans un discours considérant la civilisation égyptienne antique comme originaire d'Afrique noire (« négro-africaine »). Des idées similaires ont été développées à sa suite par le Congolais Théophile Obenga et l'Éthiopien Yosef Ben-Jochannan (en), ce dernier faisant plus largement de l'Afrique le lieu d'origine du Judaïsme, du Christianisme et de l'Islam. Dans son aspect plus politique, ce courant considère que le discours sur l'Antiquité produit dans les pays blancs a consisté à un vol des accomplissements de l'Afrique noire à l'origine des civilisations. Dans les milieux académiques occidentaux, les thèses très controversées de Martin Bernal sur la « Black Athena » ont également eu pour but de contester le discours occidental traditionnel[40],[39],[41].

La diversité des réceptions contemporaines

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À l'époque contemporaine, les progrès des connaissances sur les périodes antiques révèlent leur diversité et leur complexité. Il s'observe un renouvellement des perceptions de ces périodes et les inspirations qu'elles suscitent, en les conduisant notamment au-delà des modèles classiques. Ainsi, l'art archaïque grec fournit à son tour des modèles (le kouros), de même que l'art cycladique de l'époque préhistorique, et plus largement les soi-disant arts « primitifs » (ce qui suppose là encore de les juger par rapport aux modèles « classiques »). La redécouverte des autres civilisations antiques suscite aussi l'intérêt de certains écrivains, par exemple l’Épopée de Gilgamesh et le Livre des morts égyptien chez Rainer Maria Rilke. Homère reste une référence, par exemple chez Nikos Kazantzakis et son Odyssée (1924-1932). Il ne faut cependant pas surestimer l'impact de ces inspirations antiques. Ainsi le fait que la tragédie grecque ait suscité beaucoup d'émules à l'époque moderne ne doit pas masquer le fait que ces œuvres ont généralement eu un succès critique et populaire limité. Du reste les auteurs modernes sont d'une manière générale bien moins versés dans les études classiques que leurs prédécesseurs, ce qui explique la moindre importance de ces influences, mais aussi le fait qu'ils traitent ces modèles de façon plus originale et distanciée (par exemple Ulysse de James Joyce)[42].

La redécouverte scientifique de l’Égypte antique suscite un grand engouement dans le public cultivé voire au-delà, donnant naissance ce qui a pu être désigné comme l'« égyptomanie », revivifiée par des découvertes marquantes comme celles de l'art amarnien et du tombeau de Toutankhamon qui n'ont pas manqué de susciter des interprétations ésotériques et pseudo-scientifiques. Cela concerne aussi les pyramides et leur construction, et les reines marquantes et controversées que sont Hatchepsout, Néfertiti et Cléopâtre VII[43].

La sexualité antique suscite un intérêt marqué depuis l'époque moderne, en particulier en ce qui concerne l'homosexualité. Celle-ci a été surnommée dès la Renaissance l'« amour grec ». L'homosexualité féminine doit sa désignation comme un saphisme ou un lesbianisme à la figure de Sappho de Lesbos. Cette référence est mobilisée dans les débats contemporains. Les études des historiens ont néanmoins révélé le caractère anachronique de ces interprétations, étant donné que les Grecs comme les Romains ignoraient le concept d'orientation sexuelle[44],[45].

Références

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  1. Alain Schnapp, « Antiquaires et archéologues : ruptures et continuités », Revue des deux mondes,‎ , p. 123-137.
  2. (en) Arnaldo Momigliano, « Ancient History and the Antiquarian », Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, vol. 13, nos 3/4,‎ , p. 285-315.
  3. Voir aussi Philippe Jockey, L'archéologie, Paris, Belin, , p. 21-73.
  4. Voir aussi (de) Gerrit Walther, « Altertumskunde (Humanismus bis 1800) », dans Hubert Cancik et Helmuth Schneider (dir.), Der Neue Pauly Supplemente, vol. 4 : Rezeptions- und Wissenschaftsgeschichte, Stuttgart et Weimar, J.B. Meltzer, .
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Bibliographie

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  • Patrice Brun, L'invention de la Grèce : retour sur les utilisations dévoyées de l'Antiquité grecque, Paris, Odile Jacob, (ISBN 978-2-7381-5557-3)
  • Corinne Bonnet et Thibaud Lanfranchi (dir.), Les mots de l'Antiquité après l'Antiquité, Toulouse, Presses universitaires du Midi,

Articles connexes

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