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Mona Hatoum

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Mona Hatoum
Mona Hatoum au IVAM de Valence l'année 2021.
Naissance
Nationalités
Activités
Formation
Beirut University College
Byam Shaw School of Art
Slade School of Art
Représentée par
White Cube, Video Data Bank (en), LIMA (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieux de travail
Mouvement
Distinction
Premi Joan Miró 2011
Hot Spot, 2006 Stainless steel and neon glass tube Installation view

Mona Hatoum, née le [1] à Beyrouth au Liban, est une artiste contemporaine palestinienne qui vit et travaille à Londres depuis 1975.

Née à Beyrouth, de parents palestiniens, alors qu'elle effectue une courte visite à Londres en 1975, la guerre éclate au Liban. Elle ne peut pas rentrer chez elle. Depuis, elle vit à Londres[2]. L'exil et la séparation d’avec sa famille restée à Beyrouth deviennent les thèmes de ses vidéos et de ses œuvres. C'est à travers ses œuvres qu'elle tentera de « restituer », ou plutôt de « reconstruire », un passé qui semble la hanter.

L'artiste est une ancienne étudiante de la Byam Shaw School of Art et de la Slade School of Art de 1975 à 1981.

Mona Hatoum commence à être connue dans les années 1980 avec des performances qui mettent en scène la violence et la sexualité abordant les thèmes de la souffrance et « au cours desquelles son propre corps est volontairement exposé, parfois jusqu'à la limite de ses forces »[3]. Quelques-unes de ses performances ont été filmées et ont conduit Mona Hatoum à l'art vidéo en 1983.

Dans Measures of Distance (1988)[4], une vidéo, « Mona Hatoum exprime la douleur intime à travers les images de sa mère et un choix de lettres envoyées par cette dernière à sa fille, lues en voix off : ces lettres parlent de la guerre, de la vie quotidienne, de ce qui a été perdu ».

Son travail porte aussi la marque d'un héritage minimaliste et conceptuel comme son œuvre Socle du Monde (1992–1993)[5], qui reprend l'œuvre du même nom de l'artiste Piero Manzoni (1962, en fer et laiton) qui est composé d'un large cube recouvert entièrement de limaille de fer.

En 1994, Mona Hatoum renoue avec la vidéo qu'elle incorpore dans une installation Corps étranger exposé au Centre Georges-Pompidou à Paris[6]. Cette dernière montre des images en couleur du corps de l'artiste puisqu'il s'agit d'une endoscopie projetée à même le sol, sur un mètre de diamètre. Cette œuvre critique le dualisme qui existe entre l'intérieur et l'extérieur et remet en scène le contenu d'une de ses anciennes performances: Don't smile you're on camera![7] datant de 1980.

Dès la fin des années 1990, Mona Hatoum expose d’abord des ustensiles de cuisine (Home, 1999) à la Tate Gallery[8] puis des exemplaires très agrandis tels que La Grande Broyeuse (Mouli-Julienne ×17) en 1999[9] ou Greater Divide (2002). Ces objets-sculptures trouvent leur place d’abord dans une exposition monographique que la Tate Modern consacre à l’artiste palestinienne[10] ainsi que dans les plus grandes foires de l’art et collections internationales[11].

Une installation Mobile Home (2005)[12] met en scène des objets familiers, domestiques, chargés de mémoire où Mona Hatoum exprime l'exil. La présence des « fils à linge mouvants » qui transportent les objets expriment à la fois le lien familial mais aussi l'éloignement. Le titre même de l'œuvre exprime la mobilité et la distance.

Son œuvre traverse de multiples médias, remettant en question les limites de l’art traditionnel. Elle est sélectionnée pour le prestigieux prix Turner pour son exposition au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou (Paris), et pour son exposition au White Cube (Londres), une des plus influentes galeries dans le monde artistique en 1995, et devient membre de l'Académie des arts de Berlin en 2010[1].

Prix et récompenses

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Notes et références

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  1. a et b (de) Mona Hatoum - Seit 2010 Mitglied der Akademie der Künste, Berlin, Sektion Bildende Kunst
  2. Encyclopædia Universalis, « Biographie de MONA HATOUM (1952- ) », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  3. Encyclopædia Universalis, http://www.universalis-edu.com/
  4. « Measures of Distance », sur Centre Pompidou (consulté le )
  5. (en-GB) « Socle du Monde », sur White Cube (consulté le )
  6. « Mona Hatoum », sur www.centrepompidou.fr (consulté le )
  7. « Don't Smile, You're on Camera », sur Centre Pompidou (consulté le )
  8. (en) Monica Wang, « Mona Hatoum’s Home: A Fear Of The Everyday », sur Art History Society (consulté le )
  9. La Grande Broyeuse (Mouli-Julienne ×17), Mona Hatoum, 1999, sur Arteinformado( page consultée le 18 mars 2026)
  10. Geneviève Breerette, « Les machines ordinaires et cruelles de Mona Hatoum », Le Monde,‎ (lire en ligne [archive du ] Accès payant, consulté le )
  11. Philippe Mathonnet, « Art Unlimited, plus timide que l'an dernier - Le Temps », www.letemps.ch,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne Accès limité, consulté le )
  12. « Mona Hatoum at Alexander and Bonin New York - Artmap.com », sur artmap.com (consulté le )
  13. Measures of Distance, Mona Hatoum, 1988, video monocanal, 15 min. 26 sec., New York: collections du Museum of Modern Art
  14. Notice sur La Grande Broyeuse (Mouli-Julienne ×17), Mona Hatoum, 1999, acier doux une pièce de 343 × 575 × 363 cm et 3 disques de 4.5 × 170 cm diamètre, fabriquée au Creux-de-l’Enfer, collections du Centro Gallego de Arte Contemporáneo (en) (consultée le 18 mars 2026)
  15. « Undercurrent - Mona Hatoum - Google Arts & Culture », sur Google Arts & Culture (consulté le )
  16. (de) Konrad Tobler, « Die neue Weltunordnung » Accès limité, sur Der Bund, (consulté le )
  17. « L’artiste britannique Mona Hatoum décroche le Prix international d’art contemporain Joan Mirò », sur artclair.co, (consulté le ).
  18. « Docteurs honoris causa depuis 1951 | Université catholique de Louvain », sur www.uclouvain.be (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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