Meles (mustélidé)
Blaireau
Répartition géographique
Meles (les « blaireaux » à proprement dit) est un genre de mammifères de la famille des Mustélidés. Il regroupe les blaireaux d'Eurasie. Traditionnellement considéré comme un genre monospécifique, les études réalisées au début du XXIe siècle tendent à distinguer les blaireaux européens des asiatiques et à répartir les populations en cinq espèces actuelles, auxquelles s'ajoutent plusieurs espèces fossiles.
Taxonomie
[modifier | modifier le code]Ce genre a été décrit pour la première fois en 1762 par le zoologiste et physicien français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806), après que Carl von Linné ai décrit le blaireau européen en 1758 sous le nom d’Ursus meles. Cet animal ayant une aire de répartition très vaste sur la majeure partie de l’Eurasie tempérées, et il y a eu de nombreuses discussions pour déterminer s'il s'agissait d'une seule ou bien de plusieurs espèces distinctes. Il existe des différences physiques et ostéologiques entre les individus des différentes zones géographiques, notamment dans la structure du crâne, la morphologie des premières prémolaires et le masque facial. Certains spécialistes ont proposé de distinguer les blaireaux européens et asiatiques en deux espèces distinctes, Meles meles et Meles leptorhynchus (Milne-Edwards, 1867), la frontière entre les deux étant le fleuve Volga. D’autres considéraient l’existence de trois sous-espèces : M. m. meles, présent à l’ouest de la Volga, M. m. arenarius-leptorhynchus, trouvé entre la Volga et la Transbaïkalie, et M. m. amurensis-anakuma, présent dans les régions de l’Amour et du Primorié[3].
Les études génétiques de 2025 basées sur l’ADN mitochondrial montrent la séparation de deux variantes de part et d’autre de la Volga, mais leur statut taxonomique exact reste indéterminé. Une étude complémentaire des prémolaires chez des individus provenant de toute l’aire de répartition confirme cette division et apporte la preuve qu’au moins M. meles et M. anakuma sont bien des espèces distinctes[3].
Espèces actuelles
[modifier | modifier le code]Selon la Mammal Diversity Database (28 novembre 2025)[4] :
| Espèce | Description | Répartition actuelle |
|---|---|---|
| Blaireau d’Europe Meles meles Linnaeus, 1758 |
Un corps trapu, des membres courts et massifs, des griffes puissantes et allongées. La tête est étroite avec de petites oreilles et un museau allongé. Le pelage est dru sur le dos, la queue et les flancs, avec de longs poils de garde rêches et un sous-poil court et clairsemé. Le ventre est recouvert de poils fins et courts. La couleur du dos et des flancs est gris plus clair, avec des reflets bruns sur les côtés. La face est blanche et les bandes longitudinales sont noires, épaisses et plus écartés.
La taille varie selon les sous-espèces mais est généralement comprise entre 60 et 90 cm de longueur corporelle et 12 et 24 cm de longueur de queue. Les mâles adultes sont généralement plus lourds que les femelles et peuvent peser entre 15 et 17 kg en automne, lorsque leurs réserves de graisse sont maximales[5]. |
Toute l'Europe et certaines parties de l'Asie à l'ouest de la Volga[6]. |
| Blaireau à queue blanche Meles leucurus Hodgson, 1847 |
Plus petit que le blaireau européen, mais avec des dents jugales supérieures plus grandes. La couleur varie selon la région, mais la plupart des individus sont plus clairs que le blaireau européen, bien que certains individus aient une teinte similaire. En général, leur coloration est plus brun-grisâtre. Leurs flancs sont plus clairs que le sommet du dos et les bandes faciales sombres remontent derrière les yeux et passent au-dessus des oreilles. La bande centrale claire sur le museau est plus courte et plus étroite, et les marques blanches de la face sont d’avantages brunes que noires. Les dimensions varient selon la région : Entre 60 et 70 cm de longueur pour le corps, et un poids allant de 7 à 13 kg[7]. | Asie centrale[8]. |
| Blaireau du Japon Meles anakuma Temminck, 1844 |
Plus petit que les autres espèces, les mâles mesurant environ 80 cm et les femelles 72 cm de longueur au total. Leur poids est généralement compris entre 4 et 8 kg. Leur pelage tourne plus vers le brun et le beige, les bandes faciales sont moins apparentes[9].
Ils ont des mœurs nocturnes et hibernent durant les mois les plus froids. Ils sont plus solitaires que les blaireaux européens, ne vivant pas en clans sociaux. |
Endémique du Japon, absent de la grande île d’Hokkaidō[9]. |
| Blaireau de Perse Meles canescens Blanford, 1875 |
Plus petit que le blaireau d’Europe, avec un dos d’une teinte grise sale aux reflets bruns ; la tête est identique à celle du blaireau européen, mais avec des crêtes moins prononcées. Les molaires supérieures sont allongées de manière similaire à celles du blaireau d’Asie[10]. | Transcaucasie, Kopet Dag, Turkménistan, Kirghizistan, Iran, Levant, Tadjikistan, Russie, Mésopotamie, Afghanistan, Asie Mineure, îles de Crète et de Rhodes[11]. |
Meles amurensis von Schrenck, 1859 |
Longtemps considérée comme une sous-espèce de M. lecurus, elle est plus sombre et plus petite que cette dernière. Les rayures faciales s'étendent au-dessus des oreilles et sont d'un noir plus ou moins brunâtre. Toute la zone entre les rayures et les joues est brun sale. La couleur peut être si foncée que les rayures sont presque indistinguables. Le dos est brun grisâtre avec des reflets argentés. Le pelage est doux, mais peu laineux dans l'ensemble. Le crâne est petit, lisse et présente des projections faiblement développées. Il n'a pas de premières prémolaires. La longueur du corps est de 60 à 70 cm[7] | Asie septentrionale, Sibérie : Russie, Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Mongolie (probable)[8] |
Espèces fossiles
[modifier | modifier le code]Une autre espèce, Meles thorali, datant du Pléistocène tardif, n’est connue que par des restes fossiles, dont des spécimens ont été découverts à Saint-Vallier, dans le sud-est de la France, ainsi qu’à Binagady, en Azerbaïdjan[3]. Ces fossiles présentent de grandes prémolaires et des caractéristiques intermédiaires entre M. meles et M. anakuma. On suppose que cette espèce était un ancêtre commun dont ces deux espèces modernes auraient divergé. Une autre espèce éteinte d’Europe, Meles hollitzeri, date du Pléistocène inférieur ; ses restes ont été trouvés à Deutsch-Altenburg, dans le nord-est de l’Autriche, ainsi qu’à Untermassfeld, dans le sud-est de l’Allemagne[3].
Espèces fossiles selon BioLib (28 novembre 2025)[12] :
- † Meles dimitrius Koufos, 1992
- † Meles gennevauxi Viret, 1939
- † Meles iberica Arribas & Garrido, 2007
- † Meles magnus Jiangzuo et al., 2018
- † Meles teilhardi Qiu, 2004
- † Meles thorali Viret, 1950
La Paleobiology Database (28 novembre 2025)[13] ajoute Meles taxipater Schlosser, 1903.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le 24 juin 2013.
- GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 28 novembre 2025.
- (en) Baryshnikov, G. F., Puzachenko, A. Y. et Abramov, A. V., « New analysis of variability of cheek teeth in Eurasian badgers (Carnivora, Mustelidae, Meles) », Russian Journal of Theriology, vol. 1, no 2, , p. 133–149 (DOI 10.15298/rusjtheriol.01.2.07, lire en ligne)
- ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le 28 novembre 2025.
- ↑ Heptner et Sludskii 2002, p. 1228–1242
- ↑ Kranz, A., Abramov, A.V., Herrero, J. et Maran, T., « Meles meles », sur The IUCN Red List of Threatened Species, (consulté le )
- V.G. Heptner et A. A. Sludskii, Mammals of the Soviet Union. Vol. II, part 1b, Carnivores (Mustelidae), Washington, D.C. : Smithsonian Institution Libraries and National Science Foundation, (ISBN 90-04-08876-8, lire en ligne)
- ASM Mammal Diversity Database, consulté le 2025-11-28.
- Kaneko, Y., Masuda, R. et Abramov, A.V., « Meles anakuma », sur The IUCN Red List of Threatened Species, (consulté le )
- ↑ Heptner et Sludskii 2002, p. 1254–1255
- ↑ ALEXEI V. ABRAMOV et ANDREY YU. PUZACHENKO, « The taxonomic status of badgers (Mammalia, Mustelidae) from Southwest Asia based on cranial morphometrics, with the redescription of Meles canescens », Zootaxa, vol. 3681, no 1, , p. 44–58 (ISSN 1175-5334, PMID 25232583, DOI 10.11646/zootaxa.3681.1.2)
- ↑ BioLib, consulté le 28 novembre 2025.
- ↑ Paleobiology Database, consulté le 28 novembre 2025.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Animal Diversity Web : Meles (consulté le )
- (en) BioLib : Meles Brisson, 1762 (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Meles Brisson, 1762 (consulté le )
- (fr + en) EOL : Meles (consulté le )
- (en) Fauna Europaea : Meles Brisson, 1762 (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Meles Brisson, 1762 (consulté le )
- (en) IRMNG : Meles Brisson, 1762 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Meles Brisson, 1762 (consulté le )
- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Meles (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Meles Brisson, 1762 (consulté le )
- (en) NCBI : Meles (taxons inclus) (consulté le )
- (en) OEPP : Meles (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Meles Brisson 1762 (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Meles Brisson, 1762 (consulté le )
- (en) UICN : taxon Meles (consulté le )
- (en) WoRMS : Meles Brisson, 1762 (+ liste espèces) (consulté le )