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Louis Ernest Valentin

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Louis-Ernest Valentin
Le général Louis-Ernest Valentin, préfet de police de Paris - vers 1871
Fonction
Préfet de police de Paris
mars -
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Allégeance
Activité
Autres informations
Arme
Conflit
Grade
Distinction
signature de Louis-Ernest Valentin
Signature.

Le général de brigade Louis-Ernest Valentin est un officier général français, actif de la Monarchie de Juillet à la IIIe République. Engagé volontaire en 1831, il termine sa carrière comme général commandant la Garde républicaine en 1873, après 40 ans de service[1]. En 1871, pendant la Commune de Paris, il exerce les fonctions de Préfet de Police de Paris et demeure à ce jour le seul officier général en activité à avoir occupé ce poste[2].

Né le à Paris, Louis-Ernest Valentin s’engage à 18 ans, le comme sergent au 20e régiment d’infanterie légère[1].

Début de Carrière

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Le siège d'Anvers

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Nommé sergent-fourrier le , il fait ses premières armes en Belgique[3] où la France intervient en vertu des traités signés lors de la conférence de Londres pour chasser les forces armées néerlandaises engagées dans la campagne des Dix-Jours.

Son régiment y constitue, avec les 1er régiment de hussards et 1er Régiment de lanciers l’avant-garde de l’Armée du Nord, sous les ordres du Prince Ferdinand-Philippe d’Orléans[4].

Il participe au siège de la citadelle d’Anvers à l'occasion duquel il est une première fois cité. Il est rayé des cadres en 1834[1].

La conquête de l’Algérie

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Le il s'engage à nouveau comme sergent, cette fois au sein du corps des Zouaves[1], et embarque pour l’Algérie.

Il est affecté au 1er bataillon du régiment de Zouaves (Plus tard 1er Régiment de Zouaves) et nommé sergent-major le [5].

Avec son bataillon, il combat face aux troupes d’Abd-el-Kader lors de la bataille de Miliana, au mois de . Le , il participe à de violents combats au col de Mouzaïa où son chef, le sous-lieutenant Cros est frappé devant lui[5]. Désigné dans un détachement chargé d’évacuer les blessés, il rejoint son unité le , escortant en retour un convoi de ravitaillement. Arrivé à hauteur de la ville de Miliana, le convoi est attaqué par les troupes d’Abd-el-Kader, mises en déroute au prix d'importants combats. Pour sa bravoure, Louis Ernest Valentin est cité à l’ordre de l’armée d’Afrique[6] le aux côtés du sergent-major Jeaningros, lui-même blessé au flanc gauche[5].

Il est nommé sous-lieutenant le en remplacement du sous-lieutenant Cros, entretemps décédé de ses blessures. Le il est promu lieutenant au feu[7] et participe l’année suivante à la bataille d’Isly, puis à la répression de l’insurrection générale du Dahra en 1845[5] sous les ordres du colonel Pelissier.

Toujours en Algérie, il est promu capitaine le avant de quitter son régiment le [8].

Sous le Second Empire

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Les officiers du régiment de gendarmerie de la Garde impériale, réunis autour de leur garde au drapeau, en 1863. Valentin est en troisième position, en haut à droite.

Passé dans la gendarmerie, Valentin est fait chevalier de la Légion d’Honneur le [9].

Il incorpore en 1854 le régiment de gendarmerie de la Garde impériale avec lequel il est déployé pendant la guerre de Crimée, et participe au siège de Sebastopol en 1855. Il y est cité à l’ordre de l’armée[6]. Pendant cette campagne, il est fait chevalier de 4e classe de l’ordre du Medjidié[10], et recoit la médaille commémorative britannique de la guerre de Crimée[10].

De retour en France, il poursuit son parcours dans la Garde impériale où il est successivement nommé chef d’Escadrons le 12 aout 1858, lieutenant-colonel le , puis colonel le [6].

Le il prend le commandement de la Garde de Paris[1],[6] Créée au mois de , cette unité qui préfigure la Garde républicaine, est chargée du maintien de l’Ordre et des manifestations de prestige dans la capitale impériale.

Ce poste prestigieux réservé aux plus fervents bonapartistes permet à Louis-Ernest Valentin de construire un important tissu relationnel à Paris. A proximité de l’Empereur Napoléon III, il facilite également un rapprochement avec les plus importantes personnalités politiques de l’époque et un avancement hiérarchique rapide[11]. Il est commandeur de la Légion d’honneur le 11 aout 1869[9].

La Commune de Paris

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En dépit de la chute de l’Empire et de la proclamation de la IIIe République, Louis-Ernest Valentin est nommé général de brigade le [6]. Il avait entre-temps participé à la défense de la capitale pendant le siège de Paris, placé à la tête de  la 1ere brigade de la 2e division de la rive gauche, au sein de la 3e armée de Paris[6].

Après qu’un traité préliminaire de paix ait été signé avec le Prusse, Adolphe Thiers décide de s’appuyer sur trois officiers de confiance pour procéder au désarmement de Paris et empêcher une insurrection : les généraux Vinoy, Valentin (que Karl Marx surnommera plus tard le “gendarme bonapartiste”)[12] et d’Aurelle de Paladines.

Fort de sa longue expérience opérationnelle et d’une bonne connaissance du maintien de l’ordre à Paris[13], le général Valentin est ainsi mis en disponibilité de son commandement le [6], puis délégué par le chef du pouvoir exécutif aux fonctions de Préfet de Police au début du mois de [1].

Alors que la révolte gronde, il ordonne le l’interdiction de publication des principaux journaux d'extrême gauche, dont Le Cri du Peuple de Jules Vallès[14]. Il travaille également à appréhender en amont les principaux penseurs de l’agitation afin d’éviter qu’elle se propage. Le , il ordonne l’arrestation du colonel Henry, barricadé dans son poste de commandement du 14ème arrondissement que ce dernier refuse d'évacuer malgré l'ordre du maire[15].

Le , Adolphe Thiers convoque une réunion restreinte avec le général Vinoy, le général Valentin, le général d’Aurelle de Paladines et Jules Ferry, maire de Paris[15]. Le chef de l'exécutif décide que l’armée devra reprendre les 227 canons de la garde nationale, achetés par souscription populaire pendant le siège prussien. Cette saisie devra être opérée avant l’ouverture de la première session parlementaire à Versailles, le .

Affiche du comité de salut public de la commune de Paris, reprenant l’arrêté de blocus de la capitale émis par le général Valentin

Dans un contexte pré-insurrectionnel, Valentin se voit confier le commandement des gardes républicains stationnés dans les casernes Lobau et de la Cité. Il commande également les régiments de ligne et de cavalerie déployés à Paris, et est chargé de contrôler les Tuileries, la Concorde et les Champs-Elysées[11].

Décidé dans la soirée du , l’ordre de saisie des canons est appliqué le 18 mars, mais se heurte à la vindicte populaire puis à l’insurrection. Pendant toute la journée, Valentin informe Adolphe Thiers et Jules Ferry de la progression du soulèvement. Après l'exécution des généraux Lecomte et Clément-Thomas dont il rend compte à 18h10[16], et alors que l'Hôtel de Ville est encerclé, Valentin est contraint de quitter la ville et de se réfugier avec les autorités politiques et militaires au château de Versailles. Il installera ses quartiers dans l’aile gauche du palais[17], d’où il ordonnera notamment le le blocus économique de Paris.

Le , un arrêté du gouvernement de Versailles étend ses responsabilités au département de Seine-et-Oise[1]. Pendant les 72 jours que durera l’insurrection, son rôle principal à Paris réside dans l’animation d’un réseau d’informateurs identifiant les responsables et l’activité politique de la Commune. Le fichier des communards qu’il constitue pendant cette période constitue le prélude à la répression préparée par le pouvoir exécutif.

Il participe à l’écrasement de la Commune lors de la semaine sanglante en coordonnant la recherche et l'arrestation des responsables du soulèvement.

Fin de carrière

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Il démissionne de son poste le et se voit confier par Adolphe Thiers le commandement de la Garde Républicaine[1].

Il est mis en disponibilité le , rejoint le cadre de réserve le , puis est mis en retraite le [6].

Il s’éteint à Montauban le [1].

Récompenses et décorations

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Chevalier de la Légion d’honneur le [9]

Officier de la Légion d’honneur le [9]

Commandeur de la Légion d’honneur le [9]

Chevalier de 4e classe (officier) de l’ordre du Medjidié[10]

Médaille de la guerre de Crimée avec agrafe "Sébastopol"[10]

Notes et références

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  1. a b c d e f g h et i La Rédaction, « Notice biographique Louis Valentin », sur sfhp.fr, (consulté le )
  2. La Rédaction, « Liste chronologique des préfets de police », sur www.sfhp.fr, (consulté le )
  3. Gaston Cangloff, Les zouaves: le corps des zouaves, le régiment des zouaves, 1830-1852. 2 tom, V. Risser, (lire en ligne), p. 312
  4. Jérôme Louis, « L’expédition d’Anvers », Revue historique des Armées, vol. 214, no 1,‎ , p. 33–44 (DOI 10.3406/rharm.1999.4802, lire en ligne, consulté le )
  5. a b c et d Gaston Gangloff, Le corps des Zouaves Le régiment des Zouaves 1830-1852, Rambervillers, Valentin Risser, (lire en ligne)
  6. a b c d e f g et h Dossier militaire du général Valentin, Service Historique de la défense, référence SHD 8 YD 3883
  7. « Zouaves T01 », sur calameo.com (consulté le )
  8. Gaston Cangloff, Les Zouaves: le corps des Zouaves, le régiment des Zouaves, 1830-1852, V. Risser, (lire en ligne), p. 116
  9. a b c d et e « Recherche - Base de données Léonore », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  10. a b c et d Français : Le général Louis Ernest Valentin, préfet de police., before 1914date qs:p,+1914-00-00t00:00:00z/7,p1326,+1914-00-00t00:00:00z/9 (lire en ligne)
  11. a et b « La gendarmerie à Paris durant le siège », sur journals.openedition.org (consulté le )
  12. Karl Marx, La Guerre civile en France (lire en ligne), p. 62
  13. Enquête parlementaire sur l'insurrection du 18 mars 1871, Cerf, (lire en ligne), p. 117
  14. « La Commune de Paris – Unité Laïque » (consulté le )
  15. a et b « Louis-Ernest Valentin », sur parisrevolutionnaire.org (consulté le )
  16. Enquête parlementaire sur l'insurrection du 18 mars 1871, Cerf, (lire en ligne), p. 70
  17. Chateau de Versailles, « La République à Versailles »